Les œuvres d’entraide exigent un contrôle des multinationales
Suisse: Libéralisation des investissements par l’OCDE
Lausanne, 12 février 1998 (APIC) «Après l’Uruguay Round, l’Accord multilatéral pour la libéralisation des investissements (AMI) constitue un nouveau pas de géant vers la globalisation et la libéralisation. Alors que la crise fait rage en Asie du Sud-Est, les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’obstinent à vouloir supprimer tout contrôle sur les mouvements de capitaux», déplore la Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le Prochain/Helvetas et Caritas, dans un communiqué publié jeudi.
«L’AMI permettra en effet aux investisseurs européens de s’installer où ils veulent, de rapatrier tous leurs profits et même de porter plainte contre un Etat récalcitrant», dénoncent encore les œuvres d’entraide suisses. Les pays du Sud sont exclus de la négociation de l’accord qui devrait être signé en avril prochain. Mais ils seront sans aucun doute l’objet de pressions considérables pour y adhérer par la suite», prévoient la Communauté de travail.
Les œuvres d’entraide rappellent d’abord que la Suisse, sixième investisseur mondial, participe activement à l’accord multilatéral prévu lundi prochain. Elles exigent aussi que les investisseurs s’engagent à respecter le code de conduite de l’OCDE prévu pour les multinationales, en particulier les sept conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT), entre autres l’interdiction du travail des enfants, le respect des droits syndicaux et le droit à la négociation collective.
Autres exigences demandées par la Communauté de travail: l’introduction des règles de concurrence pour contrôler les cartels internationaux et sanctionner les abus de pouvoir des multinationales et l’interdiction pour un investisseur étranger de poster plainte directement contre un Etat, car cette disposition introduit des juges étrangers en faisant concurrence aux juridictions nationales jouissant d’une légitimité démocratique.
La Communauté de travail souhaite enfin que l’on accorde un statut particulier aux pays en développement pour leur permettre de contrôler les investissements étrangers. (apic/com/ba)



