Sèche mise au point de l’Institution

Suisse: Licenciement d’une directrice et accusations de celle-ci contre l’Armée du Salut

Genève 2 janvier 2006 (Apic) Le licenciement de la major Evelyne Gosteli comme directrice de l’institution «Au Coeur des Grottes», de l’Armée du Salut, à Genève. Cette affaire, note l’Armée du Salut dans un communiqué publié le 2 janvier, réussit à ébranler la confiance du grand public dans l’organisation, en répandant de fausses informations.

Selon l’Armée du Salut, sa décision prise le 15 novembre 2005 de mettre un terme définitif à l’engagement de la major Evelyne Gosteli comme directrice de l’institution «au Coeur des Grottes» est le résultat d’»un conflit interne, couvant déjà depuis plus d’une année».

Aux yeux de l’Armée du Salut, la major Gosteli encore en poste jusqu’à fin janvier, «met ses menaces à exécution et entend faire éclater un scandale quant à l’utilisation des dons, et quant aux frais administratifs du siège de l’organisation à Berne. De plus, elle présente son licenciement comme conséquence de ses critiques envers ses supérieurs».

Le 13 décembre, la major Gosteli reprochait à la direction de l’Armée du Salut un manque de transparence dans sa gestion financière; elle se plaignait de ne pas recevoir de dons provenant de l’appel de fonds national de l’Armée du Salut. Pourtant, répond l’Armée du Salut, il s’avère que l’institution «Au Coeur des Grottes» bénéficie de subventions cantonales et municipales. «Cette maison reçoit en plus directement des dons de plusieurs centaines de milliers de francs. Les dons des appels de fonds nationaux confiés à l’Armée du Salut et gérés par l’administration centrale, sont donc utilisés pour des projets qui ne bénéficient pas d’un tel soutien».

L’Institution rappelle la décision de la Commission des finances du Grand Conseil genevois, prise le 16 décembre, de geler des subventions accordées aux quatre institutions de l’Armée du Salut à Genève. La Commission des finances de ce canton décidait en outre de demander des précisions quant à la facturation de 300’000 francs pour des prestations de la centrale de l’organisation au profit des ses institutions genevoises dans les domaines tels que : gestion du personnel, gestion des finances et controlling, ainsi que gestion de l’informatique. Les quatre institutions en question ont un budget total de quelque 16 millions de francs, assure le communiqué.

Prête à se soumettre à un audit

Le canton n’est d’ailleurs pas seul à s’interroger. La Ville de Genève s’étonne également. Un courrier, signé par plusieurs conseillers municipaux, aurait également été envoyé l’an dernier à l’Armée du Salut, pour la mettre en garde sur l’utilisation de sa subvention communale à des fins nationales. Le canton de Genève verse plusieurs centaines de milliers de francs par année à l’Armée du Salut. La Ville de Genève accorde pour sa part un soutien financier d’environ 100’000 francs à l’organisme caritatif.

Autre accusation de la major Gosteli: Le siège central engloutirait des millions pour ses frais administratifs. Alertée par cette information dans les médias, l’autorité fédérale des fondations a immédiatement pris contact avec l’Armée du Salut et se déclare, selon l’Armée du Salut, satisfaite des renseignements reçus.

Le budget 2006 de l’Armée du Salut nationale prévoit un chiffre d’affaires d’environ 170 millions de francs. Les charges administratives générales s’élèvent à moins de 8 millions de francs, ce qui correspond à un taux de 4.7%. Selon l’Institution, ce montant place l’Armée du Salut parmi les organisations caritatives dont les frais administratifs sont très modiques.

Par ailleurs, l’Armée du Salut souligne dans son communiqué que ses comptes sont régulièrement vérifiés par la société PricewaterhouseCoopers SA et qu’elle est prête à soumettre la gestion financière de ses institutions à Genève à un audit externe supplémentaire. (apic/com/arch/pr)

2 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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