La Déclaration de Berne fait pression sur Novartis
Suisse: Médicaments génériques en Inde
Bâle, 5 mars 2007 (Apic) Lors de l’assemblée générale de Novartis le 5 mars, l’ONG la Déclaration de Berne a demandé au Président de Novartis, Daniel Vasella que l’entreprise retire son action en justice contre l’Inde. En effet, cette démarche juridique menace l’accès aux médicaments génériques de millions de personnes.
Suite au rejet de sa demande de brevet pour le médicament anticancéreux Glivec®, Novartis a engagé une action en justice contre le gouvernement indien pour contester ce refus. L’entreprise a aussi lancé une seconde action en justice contre une clause de sauvegarde de la loi indienne (section 3d). Or, une victoire de Novartis sur cet objet restreindrait l’accès aux versions génériques bon marché de nombreux médicaments en Inde et à l’étranger. C’est ce que déclare un communiqué de l’ONG la Déclaration de Berne.
La Déclaration de Berne ainsi que l’ONG Oxfam ont invité les actionnaires de Novartis, présents à l’Assemblée générale de la firme pharmaceutique le 5 mars à interpeller le Président de Novartis, Daniel Vasella et veulent que l’entreprise pharmaceutique retire son action en justice. Un groupement américain de 275 investisseurs confessionnels s’inquiète lui aussi: «Novartis a beaucoup investi dans la recherche pour les maladies négligées, le développement de politiques, se différenciant ainsi du reste de l’industrie pharmaceutique. Mais actuellement, son action en justice en Inde remet en cause ces résultats», déclare Dan Rosan de l’Interfaith Center on Corporate Responsibility (ICCR).
La démarche juridique de Novartis a soulevé des enjeux qui dépassent les quelques milliers de patients dépendants du Glivec® et impliquent les millions de personnes touchées par le sida, dépendant des médicaments génériques indiens.
Pour Céline Charveriat, de Oxfam International: «Il est difficile de comprendre comment une entreprise qui se targue de philanthropie dans les pays en développement peut en même temps engager une procédure judiciaire qui nuirait à l’accès aux médicaments abordables. Des personnalités comme l’ancienne Présidente de la Confédération suisse Ruth Dreifuss ou l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, souhaitent aussi que Novartis retire son action en justice en Inde. L’Inde est un exportateur crucial de médicaments génériques bon marché vers la plupart des pays en développement, en particulier de médicaments contre le VIH/SIDA, rappelle la DB. (apic/db/vb)




