La CES déçue par la décision du Conseil national
Suisse: Modification du code pénal en matière d’avortement
Fribourg, 6 octobre 1998 (APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) exprime sa déception suite à la décision, lundi, du Conseil national favorable à la «solution des délais» en matière d’avortement. Dans un communiqué publié mardi, la CES constate cependant que la décision n’a de loin pas fait l’unanimité et que, déjà, un référendum est annoncé. Pour l’Eglise catholique la réglementation des délais ne peut pas être une «solution».
La Conférence des évêques suisses rappelle sa prise de position, de septembre 1997, dans laquelle elle a clairement énoncé les raisons qui s’opposent à la réglementation des délais qui jamais ne peut-être comprise comme une «solution». Elle répète son engagement en faveur de la protection de la vie à naître. Jamais elle ne pourra approuver un projet de loi visant à limiter, voire à supprimer la protection par l’Etat de la vie à naître.
Le message des opposants à l’interruption volontaire de grossesse a été largement relayé au Conseil national qui a discuté, lundi, de l’initiative parlementaire de Barbara Haering Binder déposée en 1993, dite des «délais». Mais il n’a pas suffi à faire rejeter cette proposition visant à légaliser l’avortement dans les quatorze premières semaines de grossesse. La Chambre du peuple l’a acceptée par 98 voix contre 73. Toutefois, elle doit encore franchir la rampe du Conseil des Etats; et là, les voix de droite sont plus nombreuses.
Un Etat de droit a d’autant plus le devoir de protéger la vie des êtres humains et plus particulièrement la vie à naître, que cette dernière ne peut se défendre, rappelle la CES. Elle avait déjà dressé, l’automne dernier, une liste de mesures aptes à protéger efficacement la vie à naître. Outre divers moyens sociaux, comme l’assurance maternité, un nombre suffisant de crèches et une éducation et information sexuelles en vue d’une paternité et maternité responsables, la CES préconisait aussi des aides financières concrètes, un droit de travail et des logements adaptés aux familles, et une consultation éthique visant à l’acceptation et à l’accueil de l’enfant à naître.
Les débats de lundi ont été passionnés.
L’avortement correspond à une «autorisation de tuer», à un «assassinat», ou encore à un «meurtre pur et simple» ont souligné plusieurs parlementaires. Ils rejoignent ainsi l’aide suisse pour la mère et l’enfant, créée en janvier dernier, qui a lancé une initiative populaire qui a déjà recueilli 50 000 signatures. Elle veut interdire l’avortement, sauf dans le cas où la vie de la mère serait gravement mise en danger. De plus, vu la décision du Conseil national, elle lancera un référendum.
La modification du Code pénal décidée par la Chambre basse va plus loin que ce que désirait le Conseil fédéral. Les sept Sages, jugeant qu’il incombait à l’Etat de protéger la vie à naître, s’étaient prononcés contre la solution des délais et soutenaient le modèle dit de , dû au Parti démocrate-chrétien (PDC). Un modèle qui oblige la femme à se rendre dans un centre de consultation agréé avant de procéder à un avortement.
Le droit pénal protégeant la vie à naître ne peut pas être abandonné. Pourtant, l’expérience montre que ce dernier à lui seul ne suffit pas. C’est pourquoi la Conférence des évêques suisses est convaincue qu’une législation concernant la protection de la grossesse dans son ensemble doit être élaborée en tenant compte des mesures sociales qu’elle a suggéré l’an passé. (apic/com/ab)



