Auteur de 350 publications et cofondateur de la DB et de l’ACAT
Suisse : Mort du grand théologien protestant Lukas Vischer, figure du COE
Genève, 13 mars 2008 (Apic) Le grand théologien réformé suisse et grande figure de l’oecuménisme Lukas Vischer est décédé le 11 mars à Genève dans sa 82e année. Avec rigueur et pugnacité, Lukas Vischer a été conduit toute sa vie par un élan exceptionnel au service de la réconciliation des Eglises, de la justice sociale et du respect de l’environnement.
Lukas Vischer théologien réformé et personnalité de l’oecuménisme international est décédé le 11 mars. Il s’est éteint à Genève à 82 ans. Son influence internationale est considérable. Né en 1926, il fait des études à Bâle, Strasbourg, Göttingen et Oxford. D’abord pasteur de terrain, dès 1961, il collabore au Conseil oecuménique des Eglises (COE) en tant que secrétaire d’études théologiques du département Foi et Constitution du COE, à Genève. Avant de devenir directeur de Foi et Constitution, le plus élargi des forums théologiques, qui réunit les Eglises du monde entier. Comme observateur du COE, il suit le Concile Vatican II, de 1962 à 1965.
Il enseigna également comme professeur de théologie oecuménique à la Faculté de théologie de l’Université de Berne. Très engagé, il est l’un des fondateurs avec sa femme Barbara de l’ACAT suisse (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). Il s’est également engagé pour des relations plus justes entre la Suisse et les pays du Sud en fondant , avec d’autres, le mouvement la Déclaration de Berne (DB) en 1967.
Il prit une part active au sein du Comité oecuménique suisse pour la « Justice, la Paix et la Sauvegarde de la Création » ainsi que de la « Communauté de travail oecuménique Eglise et environnement » (OeKU) et comme directeur de l’Office protestant pour l’oecuménisme.
Auteur d’environ 350 publications, organisateur de colloques, éditeur ou co-éditeur de nombreux ouvrages collectifs, Lukas Vischer a participé et insufflé son énergie à plusieurs entreprises éditoriales théologiques ou historiques, comme Baptême, eucharistie, ministère (Déclaration de Lima, 1982) ou l’Histoire du christianisme en Suisse. Une perspective oecuménique, 1994-1995). Il a, dès les années 1980, fait de l’écologie l’un de ses principaux combats, alertant les Eglises et les gouvernements sur la nécessité de changer les modes de vie. En 2007 il est fait docteur honoris causa de la Faculté autonome de théologie de l’Université de Genève.
Le mouvement oecuménique semble piétiner, disait-il en 2002
Il a aussi signé dès les débuts des articles à la Revue culturelle et théologique Choisir éditée par les jésuites à Carouge (GE) et on trouve son nom parmi d’autres signatures prestigieuses et historiques comme Yves Congar, Roger Schutz, Wilhelm Vissert’t Hof, Maurice Zundel, Gabriel Marcel et tant d’autres théologiens ou philosophes.
Le dimanche soir 25 août 2002, des représentants de toutes les grandes Eglises participaient à la cathédrale de Lausanne à la célébration du 75e anniversaire de la première Conférence mondiale de «Foi et Constitution», qui s’était tenue à Lausanne en 1927. Lukas Vischer mettait l’accent sur les progrès réalisés depuis 1927, que les fondateurs pouvaient à peine imaginer. «L’Eglise catholique qui, en 1927, était encore une forteresse inaccessible, s’est ouverte au mouvement», a-t-il rappelé lors du colloque. «Le mouvement oecuménique qui, alors, était encore l’affaire de quelques pionniers, est devenu entretemps le bien commun de la chrétienté. Les portes sont maintenant grandes ouvertes.»
Mais, a souligné Lukas Vischer, il est clair que «l’objectif dont les contours ont été esquissés à Lausanne, n’est pas atteint. Au contraire, le mouvement, alors si prometteur, semble maintenant piétiner». La raison, a-t-il suggéré, est que les Eglises se préoccupent plus de célébrer leur diversité que se s’engager dans «l’action concertée» que l’évêque Brent avait réclamée dans le discours prononcé à l’ouverture de la Conférence à Lausanne . (kipa/apd/job/apic/vb)
Suisse : Les hommages affluent suite au décès de Lukas Vischer
Pionnier de l’unité de l’Eglise mondialement reconnu
Genève, 13 mars 2008 (Apic) Après la mort à Genève de Lukas Vischer, né le 23 novembre 1926, théologien réformé suisse et pionnier de l’unité de l’Eglise , les hommages affluent de toutes parts au siège du COE à Genève.
«Lukas Vischer a été un important soutien et un esprit théologique affûté jusqu’à la fin», a déclaré le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l’Alliance réformée mondiale, au correspondant de l’agence oecuménique ENI le 12 mars, après l’annonce de son décès.
Directeur du secrétariat de la Commission de Foi et Constitution du Conseil oecuménique des Eglises de 1965 à 1979, «Lukas Vischer a laissé une empreinte décisive sur le Conseil oecuménique des Eglises (COE) et sur le mouvement oecuménique », a déclaré dans un hommage le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE.
Le théologien suisse reste dans les esprits pour avoir été à l’avant-garde de plusieurs accords visant à promouvoir l’unité de l’Eglise, comme la Concorde de Leuenberg de 1973, qui constitua une communion ecclésiale entre les Eglises luthériennes, réformées et unies en Europe.
Lukas Vischer a également joué un rôle dans la mise en place des études qui ont conduit au texte de 1982 intitulé «Baptême, Eucharistie, Ministère» (BEM), portant sur trois des principales questions doctrinales qui divisent les Eglises. Depuis sa publication, ce texte a été traduit dans plus de 40 langues et il sert de base à de nombreux accords officiels entre Eglises.
Pourtant, Lukas Vischer a déclaré regretter que le processus d’acceptation du BEM soit resté par la suite au point mort, alors que les deux décennies qui ont suivi la publication du document ont vu des changements dans les relations oecuméniques.
Au nom du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mgr John Radano, a rendu hommage au rôle qu’avait joué Lukas Vischer dans les «nouvelles relations naissantes» entre l’Eglise catholique romaine et le COE pendant le Concile Vatican II (1962-1965), auquel Lukas Vischer avait assisté en tant qu’observateur du COE.
«Il était très constructif tout en étant très critique», a déclaré Mgr Radano au correspondant de l’agence ENI. «Il a contribué aux travaux qui ont conduit à la création du Groupe mixte de travail de l’Eglise catholique et du Conseil oecuménique des Eglises, en 1965.»
Pendant sa retraite, Lukas Vischer militait inlassablement pour que les Eglises assument leur responsabilité environnementale. Il a joué un rôle majeur dans la campagne du COE sur le changement climatique et dans le Réseau environnemental chrétien européen (ECEN).
«Il a été l’une des personnalités fondatrices de l’ECEN», selon l’archidiacre Colin Williams, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes. «Il y est resté une personnalité clé, donnant des conseils avisés et un soutien fort à toutes les personnes impliquées dans le Réseau.» (apic/eni/vb)




