Un non-sens théologique, estime Sylvia Schroer
Suisse: Non-accès des femmes au diaconat
Berne, 13 mars 1998 (APIC) Personne ne peut aujourd’hui discuter sérieusement le fait que l’Eglise primitive ait connu l’ordination et l’envoi de femmes diacres, souligne la théologienne catholique Sylvia Schroer. Le fait que le directoire sur le diaconat permanent publié mardi à Rome n’offre aucune perspective en vue du diaconat féminin est à ses yeux «un non-sens théologique».
Aujourd’hui dans l’Eglise, un nombre incalculable de femmes exercent de facto la fonction de diacre, estime la professeur de la Faculté de théologie protestante de Berne. «Dans le sens biblique, refuser à ces femmes l’ordination que Dieu lui-même leur a donnée, est un péché contre l’Esprit».
Lors de la présentation du directoire mardi au Vatican, le cardinal Dario Castrillon Hoyos soulignait en effet qu’il n’y avait pas actuellement de raison de changer l’enseignement et la tradition de l’Eglise sur ce point. Tout en relevant que la question n’était pas de la compétence de sa Congrégation et que ce directoire avait uniquement pour but de donner des consignes pratiques concernant la formation et l’engagement des diacres.
Les «diaconesses» de l’Eglise primitive qui recevaient une bénédiction pour des tâches déterminées au service de la communauté ne peuvent pas être assimilées au diaconat tel qu’il est conçu dans l’Eglise actuelle avec son caractère sacramentel. Pour l’Eglise catholique le diaconat est un sacrement intimement et substantiellement lié au sacerdoce du Christ. Le diacre ordonné, de la même manière que le prêtre, même s’il n’est pas au même niveau que lui, agit «in persona Christi» et comme le Christ était un homme, seuls les hommes peuvent le faire, a souligné le préfet de la Congrégation pour le clergé.
Une argumentation que Sylvia Schroer réfute en bloc non seulement comme un «non-sens théologique» mais surtout comme «une manière crasse d’assurer au clergé mâle des privilèges immérités». Ces arguments contredisent en outre le fait que dans l’Eglise primitive ce n’est pas les prêtres et les évêques mais les martyrs hommes et femmes qui passaient pour les plus hauts représentants du Christ.
Sylvia Schroer est la première femme à avoir obtenu une habilitation en théologie à l’Université de fribourg en 1989. Alors qu’elle n’avait pas obtenu, en 1991, l’autorisation d’enseigner la théologie catholique à l’Université de Tübingen, la théologienne allemande a été nommé professeur à Berne en 1997. (apic/job/mp)



