Suisse: Nouvelle édition de la revue «Coeur en alerte» sur la réalité colombienne

La Colombie a soif de paix

Fribourg, 17 octobre 2008 (Apic) La Colombie est l’un des pires foyers de conflits au monde. La guerre menée contre l’organisation rebelle des Farc continue, mais la situation est bien plus complexe qu’un simple conflit entre guérilla et gouvernement, notent les organisations de défense des droits de l’homme.

Depuis l’entrée en fonction du président Alvaro Uribe, en 2002, les violations dans le domaine des droits de l’homme sont «massives et systématiques», les «exécutions extrajudiciaires, la torture, les détentions arbitraires et le déplacement forcé» de populations ont augmenté «de manière drastique», a affirmé fin septembre dernier une coalition de plusieurs centaines d’ONG rassemblant notamment l’Assemblée permanente de la société civile pour la paix, et la Plate-forme colombienne des droits de l’Homme.

Selon ce rapport, réalisé à partir de données officielles et non gouvernementales, entre juin 2002 et décembre 2007, au moins 13’634 personnes ont été tuées, hors combat, en raison de la violence politique. L’Etat colombien est, selon l’étude «responsable» directement ou non de leur mort dans 75% des cas où l’auteur a été identifié. Dans six affaires sur dix, l’Etat a «toléré» ou «soutenu» les crimes des paramilitaires, affirme le rapport, tandis que dans 24,5% des cas, les violations étaient le fait des guérillas.

Suite aux déplacements forcés dus aux combats impliquant guérilla, armée et groupes paramilitaires, mais également à une politique d’accaparement des terres par ces mêmes groupes armés, plus de trois millions de civils colombiens (sur une population de 45 millions d’habitants pour un territoire deux fois plus grand que la France) sont des déplacés internes. Cela place la Colombie au deuxième rang – derrière le Soudan – des pays comptant le plus de réfugiés à l’intérieur de ses propres frontières.

Ces millions de personnes déplacées et de réfugiés aspirent à pouvoir vivre à nouveau dans la dignité, note la revue catholique. Suite aux derniers événements dans la région, le gouvernement et le monde économique osent enfin espérer. La libération d’Ingrid Betancourt a renforcé l’espoir, peut-on lire dans le dernier numéro de «Coeur en alerte».

La revue évoque la population colombienne, sa vie et ses épreuves, mais aussi l’activité de l’Eglise dans ce pays d’Amérique du Sud et le soutien apporté par Missio-OPM. Un dossier est également consacré à la nouvelle sainte de Suisse, Mère Bernarda Bütler. Ce numéro comprend également divers portraits et rubriques des quatre coins du monde. (Exemplaires gratuits à titre d’essai auprès de: Coeur en alerte, case postale 345, 1701 Fribourg. Tél. 026 422 11 36. info@coeurenalerte.ch (apic/com/be)

17 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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