Mais la droite radicale ne baisse pas les bras
Suisse: Ouverture dominicale: le Conseil national veut attendre
Berne, 9 mars 2005 (Apic) Le Conseil national veut attendre que le peuple se prononce sur le travail dominical dans les commerces des gares et aéroports avant de discuter d’une ouverture généralisée le dimanche.
La Chambre du peuple a suivi par 105 voix sans opposition mais 25 abstentions la proposition radicale de reporter cet objet. Opposé sur le fond à l’extension des ouvertures dominicales, le camp rose-vert s’est dit d’accord de surseoir à la discussion, mais il a violemment dénoncé la tactique de la droite.
Jean-Claude Rennwald (PS/JU), très remonté, a fustigé l’attitude des radicaux. «Votre motion d’ordre est hilarante. Après avoir fait passer l’ouverture des commerces dans les gares, contre laquelle le référendum a abouti, vous avez encore déposé en 2003 une initiative parlementaire pour quatre ouvertures dominicales généralisées», a-t-il dit.
Justice et Paix aux côtés des verts, des socialistes et des syndicats
Socialistes et verts ne sont pas les seuls à s’opposer à une telle ouverture. La commission de la Conférence des évêques «Justice et Paix» soutient le référendum lancé par les syndicats en faveur du maintien de la tradition dominicale. Ne voulant pas ouvrir la porte à la généralisation du travail du dimanche, cette commission de la Conférence des évêques suisses (CES) s’oppose à la vente de toutes les prestations et marchandises dans des gares 365 jours par an.
Dans un communiqué publié fin janvier, la Commission faisait déjà valoir que le repos dominical constitue un acquis social et culturel dont l’utilité humaine et économique est établie. Le peuple suisse sera appelé à voter sur la libéralisation du commerce en principe en juin ou septembre prochains.
L’opposition à cette libéralisation, voulue par le gouvernement, la droite politique et les milieux patronaux, réunit syndicats, organisations de consommateurs, petits commerçants et milieux d’Eglise. Ils refusent que l’assouplissement de la Loi sur le travail fasse que le dimanche devienne un jour de travail comme les autres dans tous les commerces et services des gares et des aéroports. La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES) sont d’avis que le dimanche, «jour du Seigneur» et jour de repos et de congé, ne doit pas être vidé de sa substance.
La «mort» du dimanche
«Justice et Paix» regrettait dans son communiqué que certains milieux politiques et économiques font «des pieds et des mains» pour remettre en question la tradition dominicale. Pour ces milieux, il faut absolument pouvoir consommer dans les gares 24h sur 24, sans limite aucune. Ce développement crée une distorsion énorme de la concurrence à l’égard des commerces non représentés dans les gares, estime la Commission des évêques suisses.
«Passer même le dimanche en famille relèvera bientôt de l’exploit, déplorait la Commission. Au détriment de tous, les structures de la société essentielles au maintien des relations – à commencer par la famille – s’écroulent les unes après les autres». (apic/ag/com/pr)



