Auteurs poursuivis seulement pour lésions corporelles

Suisse: Pour une norme pénale contre l’excision des filles

Berne, 8 mars 2007 (Apic) Les mutilations sexuelles ne se limitent pas à l’Afrique. En raison de la migration, les médecins suisses sont de plus en plus confrontés à des femmes et des petites filles mutilées. Unicef Suisse profite de la Journée internationale des femmes le 8 mars pour revenir sur cette terrible réalité.

Le Comité suisse du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) qui a déjà longuement enquêté sur les mutilations sexuelles des filles migrantes en Suisse ces dernières années a présenté un avis de droit Ce dernier vise à introduire une norme pénale interdisant toute mutilation génitale des petites filles et des femmes en Suisse. Selon l’agence Swissinfo, Elsbeth Müller, directrice d’Unicef Suisse, pense que l’inscription dans le Code pénal d’une interdiction d’exciser les filles peut avoir un effet dissuasif et pédagogique.

Unicef Suisse est engagée depuis des années dans la lutte contre ces mutilations des organes génitaux féminins. Dans de nombreux pays africains, la mutilation relève d’une tradition. Si elles ne sont pas excisées, les filles ne trouvent pas de mari. Pour lutter contre ces idées reçues, Unicef Suisse mène avec succès des campagnes d’information au Burkina Faso, en Somalie et en Gambie. «Depuis des millénaires, l’excision se traduit par des problèmes sanitaire et la mort de petites filles ou de femmes en train d’accoucher.»

La migration amène l’excision dans nos pays

En raison de la migration des Africains, la mutilation des petites filles se pratique désormais aussi en Europe. En Suisse, l’Unicef estime que 7000 petites filles et femmes sont concernées. Et selon le Fonds de Nations Unies pour l’enfance, le droit suisse protège insuffisamment les filles.

«En Suisse, ces mutilations ne sont pas pratiquées par les médecins dans les hôpitaux, mais dans la clandestinité», précise Elsbeth Müller. Les petites filles sont soit emmenées à l’étranger, soit opérées par des exciseuses venues exprès en Suisse. En décembre dernier, la Commission juridique du Conseil national a déposé une initiative parlementaire en faveur d’une interdiction de toute mutilation génitale des femmes.

Le texte demande notamment des poursuites pénales contre toute personne qui pratique ou incite à la mutilation en Suisse, mais aussi contre celles qui favorisent des excisions faites à l’étranger. L’infibulation et l’excision sont deux formes de mutilation qui sont cependant définies en Suisse comme des «lésions corporelles simples qualifiées». C’est pourquoi l’Unicef soutient l’initiative parlementaire qui exige une loi interdisant explicitement la mutilation des petites filles. (apic/swissinfo/ag/vb)

8 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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