Nouveau certificat: religions, cultures et communication

Suisse: Première suisse à l’Université de Genève

Genève, 19 septembre 2003 (Apic) La journée inaugurale du «Certificat de formation continue universitaire en religions, cultures et communication» s’est déroulée vendredi à l’Université de Genève. Il s’agit d’une première suisse sur un sujet devenu à nouveau actuel. Cette journée a été marquée par un exposé de Jean-Paul Guetny, directeur de la rédaction du «Monde des religions», le magazine qui vient de succéder à l’»Actualité des religions».

«Nous voulons répondre à un besoin éprouvé aujourd’hui notamment par les professionnels des médias, celui de mieux connaître l’autre», a souligné Geneviève Auroi-Jaggi, responsable du Service de formation continue de l’Université de Genève. On a souvent comparé l’homme postmoderne au client d’un supermarché qui puise dans les rayons de quoi se constituer une religion à sa convenance. «En fait, a corrigé le directeur de ce cycle de formation, le professeur Philippe Borgeaud, plutôt que dans un supermarché, notre client erre dans un marché aux puces. Il y trouve non pas des objets neufs et bien emballés, mais des pièces hétéroclites et usagées. Ce sont ces éléments archaïques que l’histoire des religions va mettre en lumière».

«Histoire des religions: le phénomène religieux et sa place dans les sociétés» constitue justement le thème du premier des cinq «modules» proposés aux étudiants pour ce certificat. Chacun comprend quatre journées, avec des cours théoriques, des travaux pratiques et des tables rondes. Les autres modules approchent les religions à partir de l’anthropologie, de la géopolitique et de la sociologie. Un cinquième module porte sur la rencontre entre les différentes religions et sera surtout constitué de visites à diverses communautés de Genève. «A une époque où tous les peuples et les cultures entrent en contact, l’étude des religions représente l’une des voies de compréhension réciproque», a affirmé Philippe Borgeaud.

Le choc des simplismes

Depuis un siècle et demi, on nous annonce la disparition prochaine des religions, d’abord dans notre Occident où brillent les lumières de la connaissance, puis dans le reste du monde encore dans la pénombre. En fait, elles ne se portent pas si mal, y compris dans des pays développés comme les Etats-Unis ou le Japon, a observé Jean-Paul Guetny, directeur de la rédaction du tout nouveau bimensuel «Le Monde des religions».

Jadis confinée sur un strapontin, l’actualité religieuse occupe désormais un fauteuil. Il n’y a plus guère d’événement où elle n’ait sa place, qu’il s’agisse de la guerre d’Afghanistan ou des attentats du 11 septembre. A partir de tels événements, on évoque un «choc des civilisations», alors que, selon l’orateur, il serait plus juste de parler d’un «choc des simplismes». «On simplifie ses propres conceptions religieuses et celles de l’autre et deux simplismes ne peuvent que s’entrechoquer», a-t-il commenté, en plaidant pour une initiation à la pensée complexe.

Et Jean-Paul Guetny d’énumérer les critiques de l’opinion publique d’Europe occidentale envers les religions. Elles seraient porteuses de violence et de guerres (mais Staline ou Pol Pot n’étaient particulièrement religieux). Elles soutiendraient l’ordre social traditionnel. Elles manipuleraient les consciences, à la façon des sectes. Cependant, «et c’est un changement», on leur reconnaît également des aspects positifs. Elles jouent un rôle de gardiennes de la mémoire. Elles contribuent au lien social et sont porteuses de sagesse. Une sagesse personnelle qui aide chacun à vivre et une sagesse collective qui nous aide à vivre ensemble.

Récemment, Régis Debray lançait un appel pour que se lèvent des prophètes au milieu de ce monde dominé par l’économie marchande. «Les communautés religieuses sont en effet souvent à la pointe du combat face aux injustices», a conclu Jean-Paul Guetny. (apic/mba/pr)

19 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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