Corruption de la Caritas locale en Indonésie?
Suisse: Réaction de Caritas-Suisse à l’article du 9 décembre de la SonntagsZeitung
Traduction Valérie Bory, Apic
Lucerne, 10 décembre 2007 (Apic) La SonntagsZeitung du 9 décembre laisse entendre que Caritas-Suisse a cherché à étouffer une affaire de corruption en Indonésie, en réglant l’affaire à l’interne, affaire impliquant des collaborateurs de Caritas. Ces derniers auraient versé des pots-de-vin à des fonctionnaires locaux dans le cadre du chantier d’un projet d’aide.
Malgré des affaires de corruption et de harcèlement sexuel, en Indonésie, Caritas-Suisse «n’a pas actionné la justice». Caritas préfère «régler ces affaires à l’interne», dénonce la SonntagsZeitung du 9 décembre.
L’organisation d’entraide catholique suisse Caritas a réagi le 9 décembre aux accusations de la SonntagsZeitung du 9 décembre par une prise de position à un article qu’elle qualifie de «partial et tendancieux». Celui-ci concerne deux affaires, l’une de corruption, dans le cadre d’un chantier sur un projet d’aide, sous-traité par des entreprises locales, et l’autre, de harcèlement sexuel, impliquant un haut collaborateur de Caritas, semble-t-il. Le journal accuse Caritas de vouloir régler ces affaires uniquement à l’interne et d’avoir réagi publiquement seulement après que ce média en ait parlé.
Caritas n’a pas déposé plainte.
«De mauvaise foi», dénonce Caritas à propos de l’article incriminé. L’organisation caritative affirme avoir réagi à ce cas de corruption en Indonésie sur un chantier de projet d’aide Caritas «avant que le journal l’ait appris – d’ailleurs à travers des e-mails anonymes».
Selon elle, Caritas a pris contact avec la section suisse de Transparency International, (une organisation multinationale luttant contre la corruption) dès qu’elle a pu avoir la preuve des faits qui se sont produits, soit le cas de corruption en Indonésie, à fin mai 2007. Transparency International, par la voix de Claudia Schwöbel, confirme que Caritas a dûment réagi et dit avoir conseillé à son membre (Caritas) d»’élargir son règlement et d’avoir une politique de tolérance zéro» en la matière.
Reste que l’on aurait décidé, écrit encore le journal alémanique, au lieu de poursuivre l’affaire sur le plan de la plainte pénale, d’ajouter un contrat additionnel au contrat existant entre Caritas et ses sous-traitants, afin qu’il soit mis fin à ces pratiques à l’avenir.
«Les pots-de-vin ont considérablement renchéri le chantier»
Selon la SonntagsZeitung, les pots de vin – pour une somme considérable en Indonésie (la SonntagsZeitung parle de 150’000 francs) – auraient concerné des sous-traitants d’un projet d’aide Caritas. L’argent serait allé à des personnes de l’administration publique ainsi qu’à des collaborateurs de Caritas.
Caritas pour sa part précise qu’elle «n’a pas subi de dommage direct» dans cette affaire de corruption. «Naturellement qu’elle en a subi» s’exclame l’expert interviewé par le journal alémanique, Marco Balmelli, de l’Institut bâlois sur la gouvernance. Il sous-entend que les pots-de-vin ont considérablement renchéri le chantier.
Les deux collaborateurs impliqués dans cette affaire ne travaillent plus pour Caritas. Ils sont partis avant la découverte de l’affaire des pots de vin. Quant à Caritas suisse elle regrette que le journal ait divulgué l’incident et dit en substance que cela peut arriver à chaque entreprise et à chaque organisation.
En ce qui concerne l’affaire de harcèlement sexuel, sur laquelle revient le quotidien alémanique dans la même édition, elle a été traitée, du moins pour l’instant, seulement par le biais d’une assemblée du personnel à Meulaboh, où se sont déroulés les faits, concernant le chef-délégué de Caritas sur place. A une très grande majorité les employés se sont prononcés contre le responsable accusé de harcèlement à l’encontre de deux femmes. Ce dernier avait succédé en septembre à Claudius Scholer.
Le directeur de Caritas Suisse, Jürg Krummenacher, pour sa part, se rendra mardi 11 décembre en Indonésie pour y mener des discussions avec le personnel de Caritas et avec l’administration locale. (apic/kipa/ak/vb)



