L’OSAR demande une enquête indépendante et urgente
Suisse : Requérants d’asile récalcitrants placés en cage de verre à Kreuzlingen (TG)
Berne, 21 août 2003 (Apic) L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) demande l’ouverture rapide d’une enquête après les informations selon lesquelles les requérants d’asile récalcitrants sont placés en détention dans une cage de verre, à titre de mesure disciplinaire, à Kreuzlingen, dans le canton de Turgovie.
L’OSAR se déclare « vivement préoccupée » par des rapports concordants faisant état, au Centre d’enregistrement pour requérants d’asile (CERA) de Kreuzlingen, de cette pratique. Les requérants récalcitrants n’y reçoivent que de l’eau, du pain et des pommes.
La porte-parole de l’Office fédéral des réfugiés (ODR) Brigitte Hauser a confirmé une information du «Tages-Anzeiger» publiée jeudi 21 août. Selon elle, certaines mesures disciplinaires sont nécessaires pour protéger les collaborateurs et les autres demandeurs d’asile. Si quoi que ce soit se passe, le directeur du centre doit en endosser en la responsabilité, a souligné Mme Hauser.
La «maison de verre» consiste en quelques salles vitrées à l’entrée du bâtiment, qui servent normalement de salles d’attente, avec pour tout mobilier des chaises.
Le reproche émis par le quotidien zurichois que certains y sont maintenus des jours entiers est «exagéré», estime Brigitte Hauser. La détention la plus longue qui lui soit connue est de cinq jours. La plupart sont libérés après quelques heures déjà. De plus, les salles ne sont pas fermées, et les requérants peuvent sortir dans le couloir pour fumer ou téléphoner.
Selon divers témoignages, une discorde entre un requérant et l’administration du CERA de Kreuzlingen suffit à entraîner un séjour de plusieurs heures, voire de plusieurs jours dans une cage de verre close et exposée à la vue de tous.
L’OSAR s’est inquiétée en mai 2002 auprès de l’Office fédéral des réfugiés (ODR) des échos reçus à propos de cette pratique. L’organisation se montre extrêmement préoccupée par une pratique disproportionnée qui porte atteinte à la dignité humaine des requérants concernés. « Il manque une base légale à une pareille atteinte à leur liberté personnelle: l’ordonnance du Département fédéral de justice et police (DFJP) relative à l’exploitation des centres d’enregistrement ne prévoit nullement la prise de mesures aussi humiliantes ».
En avril 2002, rappelle l’OSAR, le Tribunal fédéral a lui-même enjoint le DFJP de réglementer les restrictions de mouvement des requérants séjournant dans des centres d’enregistrement.
Face aux témoignages extrêmement préoccupants relatifs au recours à une cage de verre au CERA de Kreuzlingen ainsi qu’à des bagarres entre personnel du centre et requérants d’asile, l’OSAR demande que l’enquête soit menée par une instance indépendante de l’administration afin que toute la lumière soit faite à ce sujet.
L’OSAR relève enfin que les trois autres CERA, sis à Vallorbe, Bâle et Chiasso, ne semblent pas confrontés à des problèmes comparables à ceux rencontrés à Kreuzlingen, où le climat entre personnel administratif et requérants d’asile paraît extrêmement détérioré. (apic/com/pr)




