Suisse: Révision du droit d’asile, lancement d’un «Appel pour une Suisse humanitaire»

Une initiative de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR)

Berne, 26 avril 2004 (Apic) Plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles de nombreuses figures du monde politique, artistique, journalistique et humanitaire, soutiennent l’»Appel pour une Suisse humanitaire» lancé à l’initiative de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). L’OSAR craint que lors des débats parlementaires à venir sur la révision du droit d’asile, les réfugiés et les requérants d’asile ne servent, une nouvelle fois, de boucs émissaires.

L’OSAR est une organisation politiquement indépendante et neutre sur le plan confessionnel. Elle est l’organe faîtier des oeuvres d’entraide qui lui sont affiliées: Caritas Suisse, Entraide protestante (EPER), Oeuvre suisse d`entraide ouvrière (OSEO), Croix-Rouge Suisse (CRS) et Union suisse des comités d`entraide juive (USEJ). Au nom de ses membres, l’OSAR fait office d’avocate des réfugiés face à la Confédération et au public.

Les persécutions non étatiques sont des motifs de fuite légitimes

Les oeuvres d’entraide affiliées à l’OSAR appellent tous les parlementaires à ne pas permettre une nouvelle atteinte à la protection des réfugiés. Comme le Conseil fédéral le recommande, les réfugiés de guerres civiles doivent obtenir une admission pour raisons humanitaires et les persécutions non étatiques doivent être reconnues comme motifs de fuite légitimes. Les personnes persécutées, par exemple par des milices armées ou des bandes de criminels, doivent également pouvoir trouver refuge en Suisse.

Il s’agit également d’accorder une admission pour raisons humanitaires aux hommes, femmes et enfants qui, à la suite de guerres civiles et de persécutions ethniques ou religieuses, ne peuvent pas retourner dans leur pays d’origine et doivent souvent rester pendant de longues années en Suisse.

Dès le 3 mai 2004, le Parlement traitera de la nouvelle loi sur l’asile. L’enjeu n’est autre que la tradition humanitaire de la Suisse. L’Assemblée fédérale a déjà, sous prétexte d’économies, massivement durci la législation en décembre dernier. Ainsi, de nouvelles restrictions d’accès ont été introduites et les délais de recours accordés aux requérants d’asile ont été raccourcis.

En jeu: la tradition humanitaire de la Suisse

Depuis le 1er avril, les requérants d’asile qui ont essuyé une décision de non entrée en matière ne reçoivent plus aucune aide sociale. Or, on compte parmi eux des enfants, des femmes et des personnes âgées ou malades. Il est en outre prévisible qu’au cours des prochains débats parlementaires, ces mesures soient étendues à tous les requérants d’asile déboutés, craint l’OSAR. Chaque année, plus de 20’000 personnes seraient ensuite jetées à la rue et poussées dans la clandestinité.

«Cette politique d’expulsion est indigne d’un pays doté d’une longue tradition humanitaire. Elle bafoue les principales valeurs éthiques et morales de notre société. C’est une évolution dévastatrice», lance l’OSAR et les oeuvres d’entraide associées. C’est pour cette raison qu’est lancé l’»Appel pour une Suisse humanitaire». La pétition demande d’accorder l’admission pour motifs humanitaires aux réfugiés de guerres civiles, de reconnaître les persécutions non étatiques comme motif de fuite légitime, de garantir une procédure d’asile loyale et digne d’un Etat de droit. Cet Appel, disponible à l’adresse internet www.osar.ch peut être signé jusqu’à la fin de l’actuelle révision de la loi sur l’asile. (apic/com/osar/be)

26 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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