Une présidence marquée par l’affaire des fonds en déshérence
Suisse: Rolf Bloch quitte la présidence de la Fédération suisse des communautés israélites
Zurich, 4 mai 2000 (APIC) Après deux mandats successifs de quatre ans, le Bernois Rolf Bloch, qui fêtera ses 70 ans en juin, quittera le 31 mai la présidence de la Fédération suisse des communautés israélites. La Fédération est l’organisation «politique» faîtière qui rassemble la grande majorité des quelques 18’000 juifs de Suisse. Son successeur devrait être le professeur de médecine Alfred Donath, retraité de l’Université de Genève, âgé de 69 ans.
Président du conseil d’administration des Chocolats Camille Bloch SA à Courtelary, l’industriel bernois est à la tête de la Fédération depuis 1992. Comme aucun autre candidat à sa succession ne s’est présenté à ce jour, l’assemblée des délégués réunie le 31 mai et le 1er juin à Genève devrait désigner Alfred Donath comme son successeur. Le départ de l’actuel président était connu depuis plusieurs années et ne constitue donc pas une surprise.
Rolf Bloch, dont le mandat a été notamment marqué par l’affaire des fonds juifs en déshérence dans les banques suisses, restera en revanche président de la direction du Fonds spécial en faveur des victimes de l’Holocauste. Ce fonds devrait être dissout en l’an 2000, une fois achevé son travail d’indemnisation des survivants nécessiteux de la persécution nazie. A l’époque la plus chaude de l’affaire des fonds juifs, Rolf Bloch avait déploré la «stratégie de confrontation» du Congrès juif mondial à l’égard de la Suisse.
La Fédération suisse des communautés israélites, dont le siège est à Zurich, est l’organisation faîtière de la plupart des communautés juives, à l’exception des communautés libérales de Genève et de Zurich et quelques petites communautés «haredi» (ultra-orthodoxes). Selon Me Martin Rosenfeld, avocat à Berne et secrétaire général de la FSCI, la Fédération regroupe quelque 14’000 des 18’000 juifs de Suisse. La FSCI veille aussi à la sauvegarde des intérêts communs des communautés juives en Suisse, leur représentation face aux autorités et aux organisations juives. Elle est aussi chargée de la promotion des
aspirations religieuses, culturelles et sociales des juifs en Suisse et s’engage dans la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination raciale ou religieuse et pour la compréhension mutuelle entre tous les groupes de la population.
Collaboration avec les Eglises: «excellente, très agréable et très ouverte»
La FSCI est l’organe de consultation des autorités fédérales et cantonales et la «vitrine» des juifs de Suisse, mais ne joue pas de rôle strictement religieux, bien qu’elle soit engagé dans le dialogue avec les grandes Eglises suisses. La FSCI participe aux travaux de commissions communes avec elles. La collaboration avec la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) est qualifiée par Me Rosenfeld d’»excellente, très agréable et très ouverte». Ce dernier précise que dans l’affaire des fonds en déshérence la FSCI a joué un rôle d’intermédiaire entre les organisations juives internationales et la Suisse et que les tensions ont baissé: «Aujourd’hui nous nous trouvons dans une situation où presque tous les problèmes ont été réglés et l’on peut dire que la situation se normalise». (apic/be)



