Suisse romande: Année sainte Claire (240294)
Claire: «Une femme libre et volontaire», dit Marco Bartoli
Sion, 24février(APIC) Une femme libre et volontaire. Telle est le portrait qu’a dressé de sainte Claire Marco Bartoli, mardi à Sion lors d’une
conférence donnée dans le cadre de l’Année Sainte Claire. A partir des
écrits de la sainte, des témoignages de ses contemporains et des actes du
procès de canonisation, le professeur transalpin, spécialiste du Moyen-Age
a montré la modernité de la sainte d’Assise.
Claire est une des rares femmes de son époque à avoir laissé des écrits,
ce qui est bien sa nouveauté, explique Marco Bartoli. Sur ses années dans
la maison familiale, Claire relate seulement qu’elle vivait «dans la vanité
du monde». Des témoignages de contemporains indiquent qu’elle apparternait
à une famille de la petite noblesse d’Assise les Favarone. Jeune déjà elle
se refusait au sort reservé aux femmes de son milieu et de son époque: réclusion et mariage. Ne se laissant pas enfermer dans une image stéréotypée
de femme prudente, silencieuse, réservée, humble.
La journée de sa conversion, le jour de la fête des Rameaux de 1212
«s’est déroulée selon le rythme de la liturgie», raconte Marco Bartoli, de
la fête à la solitude dans la prière. Une conversion marquée ensuite par un
changement d’habit et la tonsure reçue de François d’Assise. François n’est
qu’un laïc, c’est un fait extraordinaire pour l’époque commente le
professeur. Si sa famille a ensuite tout tenté pour faire sortir Claire de
l’abbaye bénédictine de Saint-Paul des abesses, c’est surtout parce qu’elle
y est entrée non comme moniale, mais comme simple servante après avoir
vendu tout son héritage pour le céder aux pauvres. «Chez Claire, comme chez
François, choix religieux et choix social coïncident», affirme le
conférencier.
Au monastère, Claire est encore plus déterminée. Son obstination à obtenir du pape le privilège de la pauvreté, «privilège de vivre sans privilège», en témoigne. Leur vie durant, Claire et ses compagnes ont toujours vécu d’aumônes, distribuant le superflu aux pauvres. (apic/id/mp)




