Suisse romande: L’édition estivale de «Choisir» explore la notion de «temps»
Prendre le temps de songer au temps
Carouge, 4 juillet 1999 (APIC) A l’occasion de la pause estivale, la revue mensuelle «Choisir», dans son édition juillet-août, a décidé d’explorer le temps. Le jésuite Louis Christians convie en particulier les lecteurs à remplacer les expressions familières du mot «temps» par celui de «vie» . Cela donne par exemple: «mettre de la vie dans le temps qui passe et redécouvrir qu’il y a une vie avant la mort».
Le Père Joseph Hug réfléchit sur la notion biblique du temps, homogène et orienté vers l’avenir: Présent, passé et futur ne font qu’un en réalité. Avec Jésus, le dessein de Dieu est achevé pour l’essentiel. Il reste à l’humain à se déterminer librement.
L’écrivain Jean Romain, de son côté, estime que notre société a perdu le sens du «temps long». Elle s’enferme dans un temps court, voire ultracourt. On passerait, selon l’écrivain, à la dictature de l’immédiat en oubliant l’universel. Et d’accuser la dérive émotionnelle et l’éthique de la conviction qui en découle qui métamorphosent l’homme en individu «anhistorique». L’auteur plaide en faveur d’une éthique de la responsabilité qui «trouve son fondement ailleurs que dans le sujet pensant: par exemple dans l’autre qui me fait face».
Le Père jésuite Pierre Gibert pense quant à lui que notre relation au temps est marquée par notre culture. Il décrit avec humour, en se penchant sur la célébration de l’an 2000. «Une célébration, selon lui, d’une ’sorte de rien’, même pour les chrétiens. Comme tous les mythes, l’événement s’inscrit dans un fantasme, qui doit en même temps «générer et exorciser une angoisse».
La perception du temps au Japon est quelque peu différente de la nôtre. On y perçoit davantage le temps comme cyclique. Raymond Voyat le décrit avec pertinence. En expliquant que les bases culturelles de la société japonaise, de ce fait, imposent aux individus leurs rôles respectifs.
Autre sujet abordé par ce «Choisir» de l’été: Les divorcés remariés. Pierre Emonet retrace les récentes déclarations du magistère romain sur cette question pastorale douloureuse. «Ce qui retient surtout l’attention, écrit-il, ce n’est pas tant l’impossibilité de contracter un nouveau mariage sacramentel, que le refus d’admettre les divorcés remariés aux sacrements, ressenti comme une exclusion de la communion ecclésiale». A l’Eglise de concilier rigueur et miséricorde. Le Père jésuite relève aussi l’importance de la liberté de conscience individuelle quant à l’accès à l’eucharistie, «même si beaucoup de catholiques divorcés remariés souhaitent dégager leur responsabilité en quémandant une autorisation à l’Eglise». (apic/com/ba)



