La démocratie en danger ?
Suisse romande: Le Forum Caritas décrypte les rapports entre mondialisation et citoyenneté
Neuchâtel, 12 janvier 98 (APIC) Les mutations économiques et sociales qui secouent la société actuelle divisent les populations en deux camps bien distincts. Les gagnants et les perdants. Ces derniers n’ont plus de pouvoir économique ni le moindre rôle à jouer dans la société. Que devient la démocratie dans ces conditions? Caritas en collaboration avec l’Institut de sociologie de l’Université de Neuchâtel organise le vendredi 30 janvier à Neuchâtel un nouveau Forum intitulé: «Suisse romande: Le Forum Caritas décrypte les rapports entre mondialisation et citoyenneté»
Lors du prochain Forum, qui aura lieu dans l’Espace Agassiz de l’Université de Neuchâtel, les organisateurs réfléchiront aux rapports entre la citoyenneté et la mondialisation. Les arguments des néo-libéraux ou des ténors de la gauche sont connus. Mais la mondialisation est un phénomène plus large encore. Elle a des effets sur la vie des citoyens de tous les pays concernés.
En s’affranchissant des frontières, l’économie se libère de la tutelle des Etats-nations, comme le démontre magistralement, entre autres, la dernière fusion bancaire de l’UBS et de la SBS. Le pouvoir politique se demande s’il peut encore intervenir ou s’il ne doit que créer des conditions optimales au libre exercice de la concurrence. Mais pendant ce temps, la philosophie du plus fort, du plus «concurrentiel» est devenue la pensée qui inspire l’organisation de la société. On peut donc légitimement se poser la question: «En définitive, la démocratie est-elle aujourd’hui en danger face à une mondialisation effrénée?». Le Forum de Caritas veut faire le lien entre la réflexion théorique et la pratique actuelle sur ces questions.
Les organisateurs ont fait appel pour lancer le débat à Jean Mayer, sociologue et juriste à Paris, ancien rapporteur pour les Droits de l’homme à l’ONU. Il entrera dans le vif du sujet par une première conférence: «Le cadre général de la citoyenneté, risques de la mondialisation, chances des normes internationales. De son côté, Hanspeter Kriesi, sociologue et politologue à l’Université de Genève, a intitulé sa conférence: «La mondialisation et la mobilisation politique». Quant à René Knüssel, politologue à l’Université de Fribourg, il fera en début d’après-midi le lien entre la pratique et la théorie puisqu’il suit le Projet Propul’s de Caritas (réinsertion sociale des exclus du monde du travail dans le canton du Jura). Puis, Jean-Pierre Thorel, secrétaire général du Conseil économique et social de Genève, présentera une expérience visant à permettre aux chômeurs de prendre la parole et de participer à nouveau à la définition des politiques sociales. Enfin François Hainard, directeur de l’institut de sociologie de l’Université de Neuchâtel, tirera les enseignements de la journée et donnera quelques perspectives d’avenir. (apic/com/ba)



