Suisse: Seuls 14 prêtres diocésains ordonnés l’an dernier (130194)

Et pourtant, ce n’est pas l»’hiver des vocations sacerdotales»

Jacques Berset, Agence APIC

Fribourg, 13janvier(APIC) Seuls 14 prêtres diocésains ont été ordonnés

l’an dernier dans toute la Suisse. Moins que la moyenne annuelle des décès

pour le seul diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (15 en 1992, 18 en

1993). Et pourtant l’abbé Pierre Burcher, supérieur du séminaire diocésain

à Villars-sur-Glâne, se refuse à parler «d’hiver des vocations sacerdotales» ou de «no man’s land»: des signes d’espérance sont bien là.

Il n’y a pas si longtemps, rencontrant un séminariste, une personne tout

étonnée lui déclara en toute bonne foi : «Je croyais qu’il n’y avait plus

de futurs prêtres, que cela n’existait plus», raconte l’abbé Burcher. «Heureusement, il y a encore de futurs prêtres, diacres permanents, théologiennes et théologiens laïcs, agents pastoraux… J’espère qu’il y en aura toujours plus!»

Dans les statistiques inédites que le supérieur du séminaire du diocèse

de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) rend désormais publiques, il y a effectivement quelques signes positifs. Pour l’année académique 1993-1994, on

note que l’ensemble des diocèses suisses ont reçu 39 nouveaux séminaristes,

contre 30 l’année précédente. On a désormais dans les séminaires diocésains

suisses 170 candidats au sacerdoce (160 l’année précédente). Les futurs

diacres permanents sont au nombre de 7, tandis que les ordinations

sacerdotales sont en léger recul (14 contre 17 l’année précédente). La même

tendance se vérifie avec les théologiens laïcs, qui passent de 237 à 199.

Pour compléter cette statistique des ministères en Suisse, il faut encore tenir compte de tous les agents pastoraux qui se forment en dehors des

filières académiques, que ce soit par exemple à l’Institut Romand de Formation aux Ministères (IFM) à Fribourg ou au Cours théologique pour laïcs

(TKL) à Zurich. Sans oublier, bien entendu, les religieux – qu’ils soient

futurs diacres permanents ou futurs prêtres, et les religieuses – et qui ne

sont pas mentionnés dans le tableau ci-dessous.

Approfondir encore l’engagement des laïcs

L’abbé Burcher souligne qu’il est absolument essentiel d’approfondir encore l’engagement des laïcs, «sans pour autant diminuer la prière pour les

vocations sacerdotales et religieuses, dans la mesure où l’on est vraiment

conscient que tous les ministères doivent servir le même Seigneur». En effet, le ministère sacerdotal doit aussi pouvoir être présent, «car on ne

pourrait pas concevoir une Eglise sans prêtre, et j’irais même jusqu’à dire

que l’on ne peut pas à la longue concevoir l’Eglise sans diacres permanents

et sans laïcs engagés». Si les diacres permanents sont déjà nombreux dans

le diocèse de Bâle (46), on n’en est qu’aux débuts dans d’autres diocèses

comme LGF, Sion, Lugano ou St-Gall. Mais la volonté est là de faire la promotion de ce ministère répandu dans les premiers siècles de l’Eglise, et

que l’on a redécouvert seulement lors du Concile Vatican II. (apic/be)

Encadré:

13 janvier 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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