Suisse: Succès de la campagne «non au bradage mondial des services publics»
La Déclaration de Berne reste vigilante face au Conseil fédéral
Lausanne, 10 avril 2003 (APIC) La Déclaration de Berne (DB), une association suisse qui s’engage pour des relations Nord-Sud plus équitables, a salué jeudi le succès de sa campagne «non au bradage mondial des services publics». Mercredi, le Conseil fédéral a approuvé le mandat de négociation de la Suisse concernant l’Accord Général sur le Commerce des Services à l’OMC. Ce mandat «préserve heureusement les services publics suisses», souligne la DB.
La DB, qui mène des campagnes d’information et du lobbying auprès des décideurs, participe à la campagne «non au bradage mondial des services publics» qu’elle a lancée il y a deux ans déjà en compagnie de plusieurs syndicats suisses et le mouvement attac. La Déclaration de Berne demande maintenant que la Suisse publie la liste des «demandes de libéralisation» qu’elle a formulée aux autres Etats membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Risques de pressions sur le marché de l’eau potable
Le Conseil fédéral est «prudent» face à la libéralisation des services publics suisses, constate la DB. Il est cependant prêt à libéraliser certains domaines touchant au traitement des déchets et des eaux usées qui pourtant fonctionnent très bien sous le régime actuel, met en garde la DB. En ouvrant son marché dans le domaine des eaux usées, la Confédération s’expose à terme à de futures pressions, cette fois dans le marché de l’eau potable.
Alors que la Suisse tente de ne pas prendre trop d’engagements en matière de libéralisation de ses services, elle n’hésite pas à présenter des demandes d’ouverture bien plus ambitieuses aux autres Etats membres de l’OMC, notamment dans les secteurs du tourisme et de la finance. Or, estime la DB, ces domaines sont extrêmement sensibles pour les pays du Sud. C’est pourquoi la Déclaration de Berne demande que la Suisse publie la liste de ses demandes de libéralisation de services. Cette ouverture, relève-t-elle dans un communiqué publié jeudi 10 avril à Lausanne, n’est pas automatiquement profitable aux populations des pays pauvres. (apic/com/db/be)



