Il faut créer de 20 ateliers de développement régionaux

Suisse: Swissaid face au chômage (310194)

Comment maintenir ou créer de nouvelles places de travail dans le Sud?

Berne, 31janvier(APIC) A l’occasion de sa campagne annuelle d’information

et de récolte de fonds, l’oeuvre d’entraide suisse Swissaid, se préoccupe

du chômage en Suisse et dans le monde. Pour que le fossé entre pauvres et

riches ne devienne pas plus profond, elle demande un nouveau contrat social

pour une Suisse en harmonie avec le monde et l’environnement. Concrètement,

Swissaid, lors d’une Conférence de presse donnée lundi à Berne, demande au

Conseil fédéral et au parlement la création de 20 ateliers de développement

régionaux.

Bruno Riesen, secrétaire général, a démontré que le chômage, respectivement l’absence de revenus, sont des problèmes d’envergure internationale

dont l’origine n’est pas dans la responsabilité des individus mais plutôt

dans des développements économiques ratés.

Dieter Imhof, responsable de Swissaid pour l’Afrique, a exposé le point

de vue des Africains sur le thème du travail et du chômage. Si l’on utilisait pour l’Afrique les mêmes critères qu’au Nord, environ 80% de la population active de ce continent serait composée de chômeurs. Les Africains et

les Africaines comprennent et valorisent le travail d’une manière totalement différente de celle des Européens. Les relations sociales, familiales

et de solidarité sont des éléments essentiels pour la survies des sociétés

africaines.

Optimisme pour de petits projets qui marchent

Mais Swissaid ne tombe pas dans le pessimisme. Il donne des exemples

concrets où l’on peut tenter de conserver des places de travail dans les

pays du tiers monde. Au Nicaragua, par exemple, dans la région de Massaya,

Swissaid y est parvenue en soutenant un fonds de crédit pour des marchandes

et des artisanes. Plus de 200 femmes se sont organisées en petits groupes

qui administrent un fonds mis à disposition dont le montant varie entre

1’000 et 3’000 francs selon le nombre de membres. Les prêts – se montant

généralement à 50, 80 et parfois 100 dollars – doivent être remboursés dans

un délai de 3 à 4 mois, y compris les intérêts. Grâce à ces prêts, ces femmes peuvent acheter à des conditions avantageuses des légumes, des fleurs

ou des vêtements et les vendre sur les marchés ou dans la rue.

Un autre exemple en Guinée Bissau: Une communauté d’apiculteurs a pu se

procurer, grâce au soutien de Swissaid, un revenu supplémentaire non négligeable. L’accent a été mis sur la formation et l’introduction de ruches modernes, jusqu’alors le miel était récolté de manière traditionnelle dans

cette région. Maintenant ces gens sont devenus de véritables apiculteurs.

Ils sont à même de vendre sur le marché régional une plus grande quantité

de miel et de surcroît, d’une qualité supérieure.

Enfin Swissaid veut éviter le gaspillage en Suisse aussi. Pour la troisième fois déjà, dans sa récolte de fonds, il renonce à un envoi tous ménages. Suite à son initiative, les prospectus et bulletins de versement sont

disponibles dans les 800 plus importants bureaux de poste en Suisse. (apiccom/ba)

31 janvier 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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