Un immense pays plein de contrastes
Suisse: Tournée de conférences de Mgr A. Schneider, de la Kirghizie au Kazakhstan
Lucerne, 26 février 2008 (Apic) Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda, au Kazakhstan, donne une tournée de conférences en Suisse du 29 février au 10 mars 2008. A l’invitation de l’oeuvre d’entraide catholique «Aide à l’Eglise en Détresse» (AED), il présentera son travail dans cet immense pays de l’ex-URSS, un pays de 2,7 millions de km2, avec quelques 15 millions d’habitants.
Dans cette contrée pleine de contrastes, où étaient déportés les prisonniers politiques à l’époque soviétique, les catholiques ne sont que quelque 350’000 (pour autant de protestants), alors que la majorité de la population se partage entre musulmans sunnites et orthodoxes.
Athanasius Schneider, âgé de 47 ans, est né le 7 avril 1961 à Tokmak, en Kirghizie (Kirghizstan). Ses parents d’origine allemande vivaient en Union soviétique et ont, à la chute du communisme, émigré à Rottweil, en Allemagne. Après avoir accompli des études philosophiques à l’Université pontificale de St-Thomas à Rome, et sa théologie à l’Institut Sapientiae à Annapolis, au Brésil, il a été ordonné prêtre le 25 mars 1990. En 1997, il a obtenu un doctorat en théologie patristique.
Mgr Schneider, ordonné évêque le 2 juin 2006, appartient à l’Ordre des chanoines réguliers de la Sainte-Croix, basé à St-Petersberg, le centre de la communauté de l’»Engelwerk» (L’oeuvre des anges), en Autriche. C’est en 2001 qu’il s’installe dans le diocèse de Karaganda, qui compte près de 40’000 catholiques et est dirigé par Mgr Jan Pawel Lenga. Il a travaillé comme directeur spirituel du séminaire et chancelier de la curie diocésaine de Karaganda.
Le Kazakhstan fut une grande prison durant l’ère stalinienne
Le Kazakhstan fut une grande prison durant l’ère stalinienne, avec de nombreux camps de travail et autres goulags où Moscou avait fait déporter dès 1941 les Allemands vivant depuis plus de deux siècles à l’ouest de l’Oural et dans les années 30 déjà des Allemands de la Volga.
Aujourd’hui, cet immense pays sans accès à la mer est riche en minerais, mais le peuple n’en bénéficie que peu. Selon AED, ce pays d’Asie centrale manque de prêtres et d’églises qui puissent transmettre une espérance. L’Eglise catholique doit faire face au Kazakhstan à de multiples difficultés. Les problèmes sociaux y sont immenses (drogue, violence, enfants abandonnés), sans compter les grandes distances et les contrastes climatiques. L’hiver, la température peut dépasser les moins 45°. Dans cette situation sociale et climatique difficile, nombreux sont les gens qui cherchent du réconfort dans les valeurs religieuses.
Aussi longtemps que les catholiques doivent célébrer leur liturgie dans des maisons privées, ils passent pour des sectes. C’est la raison pour laquelle il faut bâtir de nouvelles églises, note l’AED. Les catholiques locaux veulent également disposer d’un clergé jeune et autochtone. L’Eglise doit donc former des prêtres du lieu, car à la chute du communisme, après l’effondrement de l’URSS en 1991, le pays ne comptait que 9 prêtres. Ils sont aujourd’hui 50.
Si la Constitution kazakhe garantit la liberté religieuse, les activités missionnaires sont cependant strictement contrôlées par la loi. La police n’hésite pas à réquisitionner les maisons de chrétiens et leur font payer de fortes amendes parce qu’ils appartiennent à des groupes religieux non enregistrés. Cette répression dure depuis des années.
Entre 2006 et 2007, l’AED a investi quelque 750’000 francs pour soutenir des projets d’Eglise, comme la formation d’un clergé local, le séminaire de Karaganda, les religieuses de la Sainte-Trinité installées dans un couvent d’Almaty depuis 1997 (elles sont actives dans des écoles, des jardins d’enfants, des homes, des paroisses, dans le travail de rue, etc. ). L’AED finance également des rénovations et des constructions d’églises et d’écoles. JB
Pour connaître les lieux où Mgr Athanasius Schneider donne ses conférences, voir le site internet: www.kirche-in-not.ch. (apic/com/aed/be)



