Les ados adorent la fête de Noël
Suisse: Une enquête démontre que les clichés de Noël ont la cote chez les 14-16 ans
Bernard Bovigny, de l’agence APIC
Bulle, 22 décembre 2000 (APIC) La fête de Noël se porte plutôt bien chez les adolescents. Une enquête menée auprès de 50 élèves de l’école secondaire de Bulle démontre même que les clichés habituels (famille, ambiance, cadeaux) ont toujours la cote.
Une enquête a été réalisée par un groupe de 9 confirmands du secteur de Bulle dans le canton de Fribourg en Suisse, dans le cadre de la préparation à la confirmation, auprès de leurs camarades du cycle d’orientation. Elle démontre que sur 50 adolescents interrogés, dont 32 filles et 18 garçons tous âgés de 14 à 16 ans, 43 affirment apprécier la fête de Noël. Quatre ont exprimés une réponse mitigée et seulement trois ne l’aiment pas du tout.
Et lorsque les motifs d’appréciation sont évoqués, le fait de se retrouver en famille vient en premier lieu (22 fois), puis apparaissent les cadeaux (10 fois) et l’ambiance de fête (8 fois). Seuls trois élèves interrogés ont mentionné la dimension religieuse de la fête en rappelant l’événement de la naissance du Christ. Deux jeunes interrogés, les seuls qui y ont pensé ou ont osé le dire, ont évoqué les vacances et la neige. Quelques ados interrogés expriment la paix de Noël à leur manière : «C’est une journée où il y a personne qui s’énerve», souligne Martine (*). «C’est le seul moment où tout le monde est de bonne humeur», affirme pour sa part Sophie (*). «C’est magique», a simplement répondu Anne (*).
Noël en famille, mais quelle famille?
Le fait d’apprécier l’ambiance familiale est d’autant plus étonnant que plusieurs parmi les élèves interrogés vivent dans des familles séparées ou recomposées. Cette donnée indéniable au niveau statistique n’apparaît généralement qu’en filigrane dans les réponses. Ainsi, plusieurs de ces adolescents profitent de la double possibilité de fêter Noël pour passer le 24 au soir avec la famille du côté du père et la journée du 25 du côté de la mère (ou vice-versa). Pour certains, Noël constitue l’occasion de revoir une partie de la parenté dispersée. Ainsi, Nadia (*) passera la soirée du 24 avec «son père, ses sœurs, la copine à son père et le fils de la copine à son père» et la journée du 25 avec «toute la famille». Ce qu’elle affirme apprécier beaucoup.
Certains des motifs de satisfaction évoqués plus haut peuvent cependant être interprétés de façon plus négative. Ainsi, Nathalie (*) dénonce la société de consommation liée à la fête: «Je trouve qu’aujourd’hui Noël est beaucoup trop une affaire d’argent».
La fête peut également s’avérer être un catalyseur, qui engendre la tristesse dans les situations difficiles ou mal acceptées. Ainsi, Loïc (*), qui passe les fêtes avec ses parents et grand-parents, n’apprécie pas du tout Noël, car il s’ennuie. Il envie les autres jeunes qui ont des frères, des sœurs et des cousins pour fêter avec eux. Une jeune enquêteuse a affirmé en conclusion de son questionnaire qu’une situation lui a fait mal au cœur: une de ses amies n’aime plus du tout Noël depuis la mort de son père.
En route vers les tropiques
Seul un jeune interrogé s’envole vers un pays du sud, en l’occurrence le Congo. «Je fête avec mon père et tout le reste de ma famille là-bas. Je suis Suisse, mais j’ai vécu longtemps dans ce pays. Alors, je passe un peu les fêtes chez moi», affirme Florian (*).
La plupart des autres jeunes interrogés se retrouvent en famille, en Suisse ou en France. Quelques-uns fêteront le soir du 24 ou la journée de Noël avec les copains ou copines, ce que semble apprécier Yvan (*): «J’aime Noël parce que le 24 au soir je peux aller avec mes copains en ville faire des trucs!»
Chloé (*) se rendra pour sa part en raquettes au Grand Saint-Bernard avec sa famille. Marc(*), quant à lui, affirme qu’il passera le jour de Noël à travailler sur un chantier, ce qui ne l’empêche pourtant pas d’apprécier cette fête, durant laquelle «c’est Jésus qui est né». Une seule jeune interrogée signale qu’elle se rendra à la messe, «par obligation», avant d’aller manger avec des amis. Un autre affirme qu’il sera seul, à la maison, le 24 au soir, ce qui ne l’empêche pas d’apprécier Noël «pour les cadeaux». (apic/bb)




