La crise qui a décapité l’organisation s’estompe peu à peu
Suisse: Une nouvelle direction pour l’Action de Carême à Lucerne
Zurich, 24 novembre 2000 (APIC) En confiant la direction de l’Action de Carême (AdC), l’une des œuvres d’entraide les plus précieuses de l’Eglise catholique en Suisse, au Lucernois Antonio Hautle, 39 ans, un ancien prêtre du diocèse de Bâle marié et père de 3 enfants, le Conseil de fondation de l’AdC a fait preuve d’ouverture. Tout indiquait jeudi, lors de la conférence de presse à Zurich, la prochaine sortie de la «crise de confiance» qui a secoué la centrale de Lucerne.
En confirmant, à la codirection du Secteur Sud, Yvonne Buschor et Antoinette Brem, qui occupaient déjà cette fonction ad intérim depuis le départ controversé du chef du secteur Mark Schmid à la mi-janvier, le Conseil de fondation confirme les options de base de l’AdC. Pas de remise au pas, donc, ni de corrections idéologiques comme le craignaient beaucoup à la base.
Avec sa nouvelle direction, complètement renouvelée dès le 1er janvier 2001, l’AdC reste fidèle à ce qui fait son originalité au sein du catholicisme suisse: à partir d’une position chrétienne claire et d’une théologie libératrice, combattre toute forme d’exploitation et d’injustice. La crise qui secoue l’organisation depuis un an et qui a décapité sa direction, notamment avec le départ surprise de la directrice Anne-Marie Holenstein – démissionnaire depuis le 25 mai, elle quittera définitivement l’AdC au 31 décembre – semble s’estomper.
Simplifier les structures, réduire le nombre de membres du Conseil de fondation
La crise a également été l’occasion de voir avec plus d’acuité la nécessité de simplifier les structures de l’AdC, «devenues problématiques», a constaté Mgr Ivo Fürer, évêque de St-Gall et président du Conseil de fondation. Le Conseil, unanime, a adopté le principe de réduire sa taille, pour être plus efficace et plus opérationnel: il devrait avoir 6 ou 7 membres, au lieu des 16 actuellement, y compris tous les évêques diocésains et Abbés territoriaux.
Actuel directeur des services sociaux et de tutelle de la ville de Lenzbourg, en Argovie, Antonio Hautle prendra ses fonctions le 1er mars à la tête de l’AdC. Concernant son statut d’ancien prêtre, A. Hautle se dit «serein et réconcilié avec lui-même et avec l’Eglise». Il a précisé bénéficier du soutien de son évêque, Mgr Kurt Koch. Les évêques se sont évidemment posé la question, mais cet élément, a précisé Mgr Fürer, n’a pas été pris en considération ni pour le discriminer ni pour l’exclure. L’évêque de St-Gall a dit respecter l’honnêteté de la démarche de l’ancien prêtre, qui n’a pas encore reçu sa dispense de Rome. Mgr Fürer s’est dit confiant qu’il l’obtiendra, en relevant qu’il n’y avait pas d’obstacle pour qu’un ancien prêtre aujourd’hui marié occupe le poste de directeur de l’AdC, car il ne s’agit pas d’une fonction pastorale.
Clarifier le concept de mission
Après avoir remercié la directrice sortante pour sa collaboration dans cette période difficile, le président du Conseil de fondation a dit sa satisfaction d’être arrivé au bout d’une étape avec la nomination de la nouvelle direction. Il reste cependant à résoudre l’un des éléments à la base de la crise, à savoir le concept de «mission» qui s’est développé ces 40 dernières années au sein de l’Action de Carême, qu’il s’agit d’analyser à l’aide de spécialistes de la missiologie. Les rapports de la mission avec le travail de développement doivent ainsi être clarifiés. Cette question reste ouverte et doit être débattue à fond et largement lors d’une session. L’élaboration de ce projet a débuté en collaboration avec Anne-Marie Holenstein, mais il n’a pas encore pu être mis en œuvre, faute de temps. (apic/be)




