Changer le regard de l’Eglise et de la société face aux prostituées

Suisse: Une première en Suisse, une aumônerie des prostituées à Bâle

Bâle, 18 juillet 1999 (APIC) La première titulaire d’une «aumônerie des prostituées» en Suisse s’appelle Cornelia Schmidt Messingschlager, d’Oberwil (Bâle-Campagne). Pasteure de l’Eglise réformée, elle souhaite changer le regard de l’Eglise et de la société face aux prostituées.

«L’Eglise et la société ont contribué par leurs représentations du péché et de la morale à ce que les prostituées soient rejetées dans la marge. Maintenant, elles doivent contribuer à annuler cette exclusion», déclare la pasteure bâloise, engagée depuis deux mois et demi à temps partiel (20 %) dans un projet d’accompagnement pastoral des prostituées à Bâle.

Cornelia Schmidt Messingschlager est chargée du travail d’information auprès du public, en collaboration avec des paroisses et d’autres institutions engagées dans ce domaine. Elle maintient également un contact direct avec les prostituées. Son intervention se situe en particulier sur la scène de la drogue où la prostitution se passe encore plus qu’ailleurs en marge de la société. Les premiers contacts se sont donc noués principalement avec des femmes toxicomanes que C. Schmidt rencontre dans les ruelles de la métropole bâloise.

Il apparaît que les femmes sous l’emprise de la drogue ne se perçoivent pas en tant que prostituée. Pour elles, la prostitution sert simplement à la survie, parfois aussi à la survie d’un partenaire ou des enfants. A côté des toxicomanes, il y a à Bâle aussi des prostituées professionnelles, des ménagères ou des étudiantes, ainsi que des «travailleuses immigrées» du sexe. S’approcher de ces trois groupes semble cependant encore plus difficile.

Une meilleure vie est possible, mais aucune intention de conversion

Il ne s’agit pas d’aborder les prostituées avec l’intention de les convertir, souligne C. Schmidt, mais d’apporter un soutien à ces femmes en vue de dépasser leur situation. Et d’ajouter: «Si je remarque chez une femme la volonté d’en sortir, alors, je mettrai tout en œuvre pour l’y aider. Car j’estime naturellement qu’une meilleure vie est possible.» (apic/rpd/spp/be)

18 juillet 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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