Illégitimité du gouvernement
Suisse: Zimbabwe: Dirigeants critiqués par des responsables chrétiens mondiaux
Genève, 17 novembre 2008 (Apic) Des responsables d’organisations chrétiennes mondiales ont critiqué des dirigeants africains pour leur incapacité à traiter une «catastrophe humanitaire croissante» au Zimbabwe et pour leur incapacité à défier «l’illégitimité du gouvernement actuel» dans ce pays.
Dans une déclaration du 14 novembre, ils ont appelé «le parti Zanu-PF [de Robert Mugabe] et le MDC [Mouvement pour le changement démocratique] à former un gouvernement sur la base de la volonté des électeurs, en recherchant une véritable équité et dans l’intérêt d’un progrès politique durable, de la transformation économique et de la guérison nationale.»
La déclaration a été signée par les dirigeants du Conseil oecuménique des Eglises (COE), de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), de l’Alliance réformée mondiale (ARM), de l’Alliance mondiale des YWCA, de la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants (FUACE) et de l’Alliance universelle des UCJG. Le secrétaire général du COE, le pasteur Samuel Kobia, est Kenyan, tandis que le secrétaire général de l’ARM, le pasteur Setri Nyomi, est Ghanéen, et que le secrétaire général de la FLM, le pasteur Ishmael Noko, est Zimbabwéen. Leur homologue de l’Alliance mondiale des YWCA, Nyaradzai Gumbonzvanda, est également Zimbabwéenne.
«Il est temps de donner la priorité au peuple à travers un leadership de service au lieu d’une politique politicienne. Il est également temps que les dirigeants africains s’affrontent avec honnêteté et dans la vérité et qu’ils prennent des décisions fermes qui seront à la base de solutions durables à cette crise qui dure au Zimbabwe», ont affirmé les leaders chrétiens.
Accompagnées du Zimbabwe Advocacy Office in Geneva, une plateforme d’information basée à Genève sur les droits de la personne au Zimbabwe, les organisations chrétiennes ont affirmé qu’elles lançaient leur appel suite à la réunion du 10 novembre des dirigeants des 12 pays constituant la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les leaders de la SADC n’ont pas réussi à s’entendre sur la façon de sortir de l’impasse, afin de mettre en oeuvre l’accord de partage du pouvoir au Zimbabwe qui a été négocié en septembre par Thabo Mbeki, alors président de l’Afrique du Sud.
Les responsables des organisations chrétiennes, qui sont toutes basées à Genève, ont déclaré : «Nous sommes profondément déçus et attristés par le fait que les dirigeants de la SADC et les leaders politiques du Zimbabwe ont une fois de plus laissé passé une chance d’adopter des actions décisives, crédibles et transformatrices dans l’intérêt du droit à la vie, de la dignité et de la démocratie au Zimbabwe.»
«En ne prenant pas toute la mesure de la catastrophe humanitaire croissante et la question de l’illégitimité du gouvernement actuel, les dirigeants de la SADC ont déçu les Zimbabwéens», peut-on lire dans la déclaration des leaders chrétiens.
Dans leur déclaration, ils ont par ailleurs évoqué la récente épidémie de choléra, qui a entraîné la mort de centaines de personnes depuis août, soulignant que bien d’autres personnes mourraient chaque jour. «Les personnes vivant avec le VIH/SIDA n’ont pas accès aux médicaments qui peuvent leur sauver la vie, ni à une nourriture adéquate. Les écoles et les hôpitaux ferment jour après jour parce qu’il n’y a pas d’enseignants, pas de médecins, pas d’infirmières et pas de médicaments. Des millions de Zimbabwéens meurent de faim malgré tous les efforts déployés par les agences humanitaires», ont déploré les responsables chrétiens.(apic/eni/js)



