Belgique: Démission en bloc de la Commission sur la pédophilie dans l’Eglise belge

Suite à une perquisition controversée

Bruxelles 28 juin 2010 (Apic) La Commission pour le traitement des abus sexuels dans l’Eglise catholique belge a annoncé lundi sa démission collective, à la suite de la saisie la semaine dernière de tous ses dossiers par la police au cours d’une perquisition controversée qui a scandalisé le Vatican, indique le journal «La Croix» de ce jour».

«Toute la Commission va démissionner», a déclaré un de ses membres, Mme Karlijn Demasure, devant les caméras de télévision à l’issue d’une réunion de cet organisme créé en 2000 pour recenser les cas de pédophilie au sein du clergé.

Mme Demasure, professeur de théologie de l’Université catholique Saint Paul d’Ottawa, a affirmé que la «confiance entre les victimes et la Commission» d’une part «et la Commission et la justice» de l’autre étant désormais «abîmée», il n’était plus possible de continuer.

La démission de la Commission sera effective jeudi.

450 dossiers à traiter par la police

«Nous nous retirons. Le débat doit maintenant se faire entre les victimes, les responsables politiques, la justice, l’Eglise et l’opinion publique», a déclaré le président de la Commission, Peter Andriaenssens.

Ce pédopsychiatre avait dénoncé la saisie jeudi d’environ 450 dossiers par des policiers dans des conditions contraires, selon lui, aux voeux des témoins qui avaient déposé sous le sceau de l’anonymat.

M. Andriaenssens a donné lundi matin sa propre démission aux autres membres de la Commission, qui ont alors décidé de l’imiter, a expliqué Mme Demasure.

Mandatés par le parquet de Bruxelles, des enquêteurs ont perquisitionné jeudi le palais épiscopal de Malines (nord), au moment où s’y déroulait une réunion des évêques belges.

Les policiers étaient à la recherche de documents, notamment de courriers entre des victimes présumées de prêtres pédophiles et les autorités catholiques.

Deux tombes de cardinaux visitées

Ils ont aussi foré dans les tombes de deux cardinaux pour y passer des caméras et vérifier si des dossiers y avaient été cachés. Ils ont également perquisitionné au domicile de l’ancien archevêque de Malines-Bruxelles et saisi les pièces compilées par la Commission.

Ces initiatives, sur le fond comme sur la forme, ont provoqué la colère de l’épiscopat belge et l’intervention, par «solidarité», du pape Benoît XVI. (apic/ag/js)

28 juin 2010 | 14:45
par webmaster@kath.ch
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