«Suivez l’exemple de l’Amérique du Sud»

Dakar: Un Comité appelle les pays africains à ne pas payer leurs dettes

Dakar, 11 février 2011 (Apic) Le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde (CADTM) a lancé un appel aux gouvernements africains à suivre l’exemple de l’Equateur, de l’Argentine et du Paraguay, en refusant de payer la dette «illégitime», que leur réclament les créanciers du Nord. Un acte jugé «parfaitement possible» par son président, le Belge Eric Toussaint, au terme du 11e Forum social mondial à Dakar.

«Il existe dans la doctrine de la dette odieuse ou illégitime, un élément de jurisprudence internationale établi, applicable à toute dette résultant d’emprunts accordés à des régimes despotiques, des gouvernements qui utilisent les fonds à des fins d’oppression des citoyens ou d’enrichissement personnel», a-t-il fait remarquer. Selon lui, cet élément de jurisprudence internationale établi, stipule que «lorsque les créanciers ont connaissance du fait que les fonds sont utilisés d’une manière contraire aux intérêts des peuples, ils ne peuvent donc pas légitimement exiger son remboursement».

Pour Eric Toussaint, les pays africains doivent faire des audits de leurs dettes extérieures publiques, pour vérifier les conditions de «légitimé ou d’illégalité de ces dettes». L’Equateur, le Paraguay et l’Argentine l’ont fait, car les institutions financières internationales «ne peuvent contraindre un pays de payer une dette illégitime», a-t-il rappelé, ajoutant que ces pays d’Amérique du Sud ont refusé de payer leurs dettes à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international, au Club de Paris et aux banquiers.

En Equateur le CADTM a directement participé à l’audit de la dette en 2006, quand le nouveau président, Raphaël Corréa, a été élu. «Après avoir identifié que 80% de la dette publique de l’Equateur était illégitime, et sur la base de nos recommandations, le gouvernement a unilatéralement décidé de suspendre le paiement de la dette».

Encadré:

#Quelque 40’000 participants au Forum social mondial

La dixième édition du Forum social mondial a réuni à l’Université de Dakar quelque 40’000 personnes issues de 123 pays, ainsi que des milliers d’étudiants sénégalais.

Ce rassemblement citoyen, marqué par une solidarité active avec les peuples du monde arabe en révolte, est le plus grand jamais réalisé en Afrique de l’Ouest, relève l’organisation française CCFD-Terre solidaire. Ajoutant: «Les sociétés civiles y ont fait une nouvelle fois la preuve de leur capacité à formuler des propositions alternatives face au néo-libéralisme et à ses dérives». Présent à travers une délégation de 70 personnes, le CCFD-Terre solidaire salue l’énergie des participants africains.

Dix ans après le premier Forum à Porto Alegre, de nombreuses propositions nées du courant altermondialiste (taxes sur les transactions financières, régulation des marchés agricoles…) sont aujourd’hui sur la table des négociations du G20. «Ces propositions étaient autrefois jugées utopiques», déclare Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre solidaire. «Le défi aujourd’hui est qu’elles soient concrètement mises en œuvre par les dirigeants politiques, ce à quoi les organisations réunies au Forum se sont attelées».

«Le sujet des migrations s’est imposé comme un enjeu incontournable, avec la participation d’un grand nombre d’associations de solidarité avec les migrants et de migrants eux-mêmes. Le Forum a permis le renforcement dans le Sahel de réseaux de migrants rapatriés, mais aussi la construction de dynamiques d’échange entre d’autres grandes régions d’immigration (Thaïlande, Philippines, Afrique du Sud, Brésil, Mexique…)», ajoute CCFD-Terre solidaire. (apic/ibc/com/bb)

11 février 2011 | 15:09
par webmaster@kath.ch
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