Les immigrés des Philippines viennent grossir les rangs

Sultanat de Brunei: La communauté catholique en pleine croissance

Bandar Seri, 18 septembre 2002 (APIC) La petite communauté catholique du Brunei est en croissance. Mgr Cornelius Sim, responsable de cette communauté, fait le bilan des quatre premières années de cette nouvelle préfecture apostolique. De 13’000 en 91, à 20’000 aujourd’hui. Mais les immigrés philippins y sont pour beaucoup.

Selon Mgr Cornelius Sim, qui a longtemps été le seul prêtre catholique du pays et qui dirige l’Eglise locale depuis la création de la préfecture apostolique en 1998, la petite communauté catholique du sultanat du Brunei poursuit sa croissance, doucement, indique la revue des Missions étrangères de Paris, Eglises d’Asie (EDA), dans son édition du 15 septembre.

Dans un entretien accordé à l’agence Ucanews le 28 août dernier, Mgr Sim s’était déjà réjoui de la croissance numérique de la population catholique du sultanat: 13’000 en 1991, contre environ 20’000 aujourd’hui. Cette augmentation est principalement à mettre au compte de l’immigration, venue des Philippines, de Malaisie ou du reste de l’Asie.

Ces dernières dix années, de nombreuses familles catholiques du Brunei ont émigré aux Etats-Unis ou au Canada, commente encore Mgr Sim. Selon lui, les catholiques locaux, d’ascendance chinoise pour la plupart, sont au nombre de 3’000.

Dans un pays dont l’islam est la religion officielle et joue un rôle central dans la vie des Malais (représentant 68% des 330’000 habitants du sultanat), l’Eglise est appelée «à jouer un rôle en vivant ouvertement les valeurs évangéliques tout en maintenant de bonnes relations et un dialogue avec les personnes ayant une appartenance culturelle et religieuse différente», déclare Mgr Sim.

Avant sa création en 1998, la préfecture apostolique de Brunei était rattachée au diocèse de Miri, situé dans l’Etat malaisien voisin de Sarawak. Désormais, explique Mgr Sim, chacune des trois paroisses de la préfecture dispose d’un curé à demeure, que ce soit à Bandar Seri Begawan, capitale du sultanat, à Seria ou à Kuala Belait.

Aux côtés de Mgr Sim, citoyen de Brunei et ancien vicaire général de Miri, oeuvrent les PP. Ivan Fang et Paul Shie. Tous trois sont originaires du Brunei.

Deux séminaristes

Selon Mgr Sim, deux séminaristes originaires de Brunei poursuivent actuellement leurs études. En l’absence de religieux non prêtres ou de religieuses (la dernière est décédée en 1997), Mgr Sim a fait part de la difficulté à faire la promotion des vocations religieuses.

Dans ce petit Etat du Brunei, autrefois rattaché à l’empire britannique et pleinement indépendant depuis 1984, l’Eglise catholique poursuit ainsi lentement mais sûrement sa croissance. En 1991, l’Eglise avait traversé une grave crise lorsque les autorités avaient refusé l’extension des permis de résidence de deux missionnaires et d’une religieuse catholiques. Dans les années 1990, les dirigeants de l’Etat, dont la richesse en pétrodollars ne suffisait plus à garantir la stabilité du pays, ont forgé le concept de «Monarchie malaise musulmane», mettant l’accent sur la race malaise, majoritaire dans le sultanat, la religion musulmane et la monarchie absolue et laissant craindre une évolution du sultanat vers une application plus stricte de la loi islamique. (apic/zn/pr)

18 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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