Rome : Benoît XVI reçoit les premiers évêques italiens en visite Ad Limina

Sur fond de campagne électorale

Rome; 10 janvier 2013 (Apic) La visite Ad Limina des évêques italiens au Vatican a débuté le 10 janvier 2013, avec quatre jours d’avance sur le programme élaboré par la Congrégation pour les évêques. Le cardinal vicaire du pape pour Rome Agostino Vallini, accompagné de ses cinq évêques auxiliaires et du vice-régent, ont ainsi été reçus en audience par Benoît XVI. Les visites Ad Limina de l’épiscopat italien devrait se poursuivre jusqu’à mi-avril.

Il y a fort à parier que les rencontres entre les quelque 250 évêques de la péninsule et le pape et les responsables de la curie romaine vont retenir toute l’attention des médias du pays. Les liens entre l’Eglise italienne et le Saint-Siège sont en effet très étroits. Mais ils peuvent fluctuer en fonction des personnalités de ceux qui gouvernent. De même, en tant qu’Etat souverain, le Saint-Siège est un interlocuteur privilégié de l’Etat italien. Cette relation triangulaire a parfois donné lieu à des tensions, alimentées par des divergences de vue entre la Conférence épiscopale et la curie sur les rapports à entretenir avec les gouvernements qui se sont succédé au ›Palazzo Chigi’.

L’estime du pape pour Mario Monti

A plus forte raison, les élections législatives des 24 et 25 février prochains, qui font suite à la démission du gouvernement technique guidé par Mario Monti pendant un an pour assainir le système économique italien, rendent cette visite Ad Limina particulièrement intéressante. Ainsi, le pape, qui a toujours affiché une grande estime pour Mario Monti, candidat aux prochaines élections, va-t-il donner des indications à ses évêques sur l’attitude à adopter et les instructions tacites à donner aux Italiens en ce qui concerne ce catholique pratiquant ?

Dernièrement, en effet, le soutien des catholiques italiens – dont les voix peuvent faire basculer l’issue d’un scrutin national – à Mario Monti s’est sensiblement affaibli. Le jour-même où les évêques de Rome rencontraient Benoît XVI, un forum organisé par des associations catholiques transalpines devait avoir lieu dans la capitale italienne, avec comme invité d’honneur l’ancien chef du gouvernement technique. Coup de théâtre, le forum a finalement été annulé. Certains ont en déduit que Mario Monti n’avait plus la confiance de tous les catholiques italiens. L’objet de leur mécontentement serait notamment l’absence d’un volet réellement social dans son ›agenda’, sorte de programme électoral qu’il a rendu public au tout début de l’année ou encore le peu d’importance qu’il accorde aux «valeurs non négociables» chères à l’Eglise. (apic/imedia/cp/mp)

10 janvier 2013 | 14:09
par webmaster@kath.ch
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