Rome: Les responsables de l’Eglise irlandaise reçus au Vatican
Sur fond de grave crise de pédophilie couverte par des évêques
Rome, 11 décembre 2009 (Apic) Benoît XVI reçoit le 11 décembre en milieu de journée le cardinal Sean Brady, président de la Conférence épiscopale irlandaise, et Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin. Cette visite intervient alors que la hiérarchie de l’Eglise irlandaise traverse une grave crise sur fond de cas de prêtres pédophiles couverts par un certain nombre d’évêques.
Au cœur des discussions, le cas d’une dizaine d’évêques accusés par le ›Murphy Commission Report’ – publié fin novembre – d’avoir couvert une cinquantaine de prêtres coupables d’abus sexuels sur des mineurs pendant une trentaine d’années, de 1975 à 2004.
Dans ce rapport commandité par le ministère de la justice irlandais, une figure se détache particulièrement: celle de l’évêque de Limerick, Mgr Donal Murray, accusé d’avoir couvert le clergé de son diocèse lorsqu’il était évêque auxiliaire de Dublin, de 1982 à 1996. Les rumeurs de démission circulent depuis quelques jours à son sujet parmi les médias irlandais, corroborées par sa présence à Rome depuis le 6 décembre.
Rencontre au sommet de près de 2 heures
La réunion convoquée par le pape, qui doit durer près de 2 heures, voit aussi la participation, côté Vatican, du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, de Mgr Dominique Mamberti et de Mgr Ettore Balestrero, respectivement secrétaire et sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. De nombreux cardinaux en charge des dicastères compétents en la matière sont aussi présents: le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Claudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, et le cardinal Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.
Le nonce apostolique en Irlande, Mgr Giuseppe Leanza, participe lui aussi aux discussions. Le 8 décembre, le diplomate du Saint-Siège avait présenté ses excuses pour «toute erreur» qui aurait pu être commise par le Vatican. «Il n’y avait absolument pas d’intention de ne pas coopérer» avec la commission Murphy, s’était empressé de préciser Mgr Leanza.
La crise qui frappe actuellement l’Eglise irlandaise a débuté au printemps 2009 avec la publication d’un rapport élaboré par la ›Child Abuse Commission’, la commission sur les abus physiques et sexuels commis contre les enfants confiés à des institutions gérées par l’Eglise catholique. Une crise qui a pris de l’ampleur avec la publication par le ministère de la justice irlandais, le 26 novembre dernier, du rapport rendu par la commission d’enquête menée par la juge Yvonne Murphy sur la façon dont l’Eglise et les autorités publiques ont géré les plaintes reçues entre 1975 et 2004.
La Conférence des évêques irlandais a présenté officiellement ses excuses, le 9 décembre, pour les actes de pédophilie commis dans l’Eglise. Les évêques ont demandé pardon «à tous ceux qui, comme enfants, ont été abusés par des prêtres», et présentent leurs excuses aux familles et aux personnes «qui ont des raisons d’êtres déçues» et se sont senties abandonnées «à cause du manque de forces morales» dans l’Eglise. D’autres excuses ont été exprimées auparavant par les responsables catholiques en Irlande, comme le cardinal Brady et l’archevêque Martin. (apic/imedia/cp/kna/vek/bb)



