Rome: Autorités vaticanes et italiennes se retrouveront le 18 février

Sur fond de l’affaire Ruby

Rome, 16 février 2011 (Apic) Cette année encore, c’est dans un contexte bien particulier que se déroulera la réception traditionnellement organisée en février à l’ambassade d’Italie auprès du Saint-Siège, à Rome. Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, qui accueillera les autorités vaticanes au ›Palazzo Borromeo’ le 18 février, doit en effet être jugé début avril, soupçonné de recours à la prostitution de mineure et d’abus de fonction, dans le cadre de l’affaire Ruby.

Cette rencontre annuelle marque l’anniversaire de la signature des Accords du Latran (11 février 1929) et celui de la révision du Concordat (18 février 1984).

Nul doute que la presse italienne sera présente à la sortie de l’ambassade pour glaner quelque confidence après les traditionnelles rencontres bilatérales à huis clos qui auront lieu en marge de cette réception entre les autorités italiennes et vaticanes. Outre Silvio Berlusconi, sont attendus côté italien le président de la République Giorgio Napolitano, le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini et le sous-secrétaire de la présidence du Conseil Gianni Letta.

Les plus hautes instances vaticanes seront aussi présentes: le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, le secrétaire pour les relations avec les Etats Mgr Dominique Mamberti, et le substitut pour les Affaires générales Mgr Fernando Filoni. Le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Angelo Bagnasco, est aussi attendu au Palazzo Borromeo.

Le Vatican demande «moralité, justice et légalité»

La Secrétairerie d’Etat avait d’abord tardé à réagir à propos du «Rubygate»du nom de Ruby – à la ville Karima El Mahroug – une jeune Marocaine dont le président du Conseil aurait payé les prestations lorsqu’elle n’avait que 17 ans. Le 20 janvier 2011, cependant, le cardinal Bertone s’était adressé à la presse pour faire part de la «préoccupation» du Vatican et demander «moralité, justice et légalité» aux responsables publics italiens.

Quatre jours plus tard, le cardinal Bagnasco s’était lui aussi exprimé au sujet de cette affaire, dans un discours soumis à la lecture du pape lui-même. Les propos de l’archevêque de Gênes, qui soulignait surtout le «malaise moral» vécu par la société italienne à cause de «l’agitation» autour du scandale, avaient été jugés trop modérés par la presse de la Péninsule.

A quelques jours de la rencontre, les journalistes italiens étaient aussi tous présents, le 15 février, à l’Université pour étrangers de Pérouse, où le secrétaire particulier du pape, Mgr Georg Gänswein, recevait un doctorat honoris causa. Le prélat bavarois n’a cependant pas répondu aux questions des journalistes concernant la politique italienne et les affaires de mœurs qui touchent Silvio Berlusconi.

Ce n’est pas la première fois que cette traditionnelle réception se déroule dans un contexte difficile. Ainsi, en 2008, en pleine période de campagne électorale en vue d’élections législatives, l’Italie et Saint-Siège avaient évité d’aborder les questions de politique nationale. (apic/imedia/cp/bb)

16 février 2011 | 14:28
par webmaster@kath.ch
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