Rome: Le pape encourage le dialogue de paix au Venezuela

Surmonter la conjoncture conflictuelle et devenir artisans de paix

Caracas, 11 avril 2014 (Apic) La paix au Venezuela requiert «patience» et «courage», a assuré le pape François dans une lettre adressée au gouvernement du pays et à l’opposition, le 10 avril 2014. Ce message intervient au premier jour d’une réunion de dialogue national inédit à Caracas, après plusieurs semaines d’affrontements parfois meurtriers.

Le pape François invite le président Nicolas Maduro, les responsables du gouvernement et ceux de l’opposition à ne pas «s’arrêter à la conjoncture conflictuelle» mais à devenir des «artisans de paix», dans une lettre lue par le nonce apostolique au Venezuela, Mgr Aldo Giordano, en ouverture de la réunion entre gouvernement et opposition. «Il s’agit d’un chemin long et difficile, poursuit le souverain pontife, qui requiert patience et courage, mais c’est le seul qui peut conduire à la paix et à la justice».

Pour le pape, le dialogue entrepris au Venezuela passe également par le «pardon» et la «miséricorde» qui libèrent du «ressentiment» et de la «haine». «Au cœur de chaque dialogue sincère, il y a, avant tout, la reconnaissance et le respect de l’autre», assure-t-il encore.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a lui aussi envoyé une lettre, lue également par Mgr Giordano, dans laquelle il regrette de ne pas pouvoir être physiquement présent à cette réunio», avant de renouveler sa «disponibilité à prendre part personnellement à n’importe quel autre moment du chemin qui s’est ouvert».

Médiation du Saint-Siège pour sortir de la crise

Depuis plusieurs semaines, la possibilité d’une médiation du Saint-Siège dans le cadre du dialogue pour sortir de la grave crise qui secoue le Venezuela était évoquée. Le cardinal Pietro Parolin, auparavant nonce apostolique dans ce pays d’Amérique latine, avait fait connaître sa disponibilité. Cependant, le Vatican s’était montré prudent et avait estimé qu’il fallait que certaines «conditions» soient réunies pour permettre au cardinal Parolin de jouer un «rôle utile».

Depuis le début février, plusieurs personnes ont perdu la vie dans les grandes manifestations étudiantes qui ont secoué le pays et particulièrement la capitale, Caracas, pour marquer leur opposition au gouvernement de Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez, et protester notamment contre les pénuries dans le pays et les atteintes à la liberté de la presse. Le pays est extrêmement clivé entre partisans et opposants au modèle «chaviste». Récemment, le pape avait déjà lancé un appel à la fin des «violences et des hostilités» au Venezuela. (apic/imedia/mb/mm/bb)

11 avril 2014 | 13:40
par webmaster@kath.ch
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