Californie : Démission forcée du recteur du Séminaire Saint Patrick de Menlo Park
Surprise et incompréhension chez les enseignants et les séminaristes
San Francisco, 9 octobre 2013 (Apic) Le Père sulpicien James McKearney a été contraint de démissionner, le 16 septembre 2013, en tant que recteur et président du Séminaire Saint- Patrick et de l’Université à Menlo Park, en Californie. Cette décision de Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, a vivement surpris les étudiants et le corps enseignant. Le séminaire St-Patrick compte 93 futurs prêtres en provenance de plusieurs diocèses californiens.
Cette décision «est juste sortie de nulle part pour des raisons qui ne sont toujours pas claires pour moi-même ou mon provincial», a déclaré le Père McKearney dans des propos rapportés par le «National Catholic Reporter». Lors du gala annuel de l’école, le 14 septembre dernier, Mgr Cordileone avait publiquement remercié McKearney pour son leadership et son travail avant de le convoquer deux jours plus tard pour exiger sa démission.
Dirigé depuis 114 ans par les sulpiciens
La surprise et l’incompréhension se sont encore accrues avec la nomination d’un recteur ad interim en la personne de Mgr Thomas Daly, évêque auxiliaire de San José, et non pas du vice-recteur actuel. Or depuis sa création il y a 114 ans, le séminaire Saint-Patrick a toujours été confié à la direction des religieux sulpiciens. En outre le supérieur provincial des sulpiciens américains, le Père Thomas Ulshafer, n’aurait pas été consulté, mais seulement informé. Interrogé sur une éventuelle volonté de Mgr Cordileone de mettre à l’écart les sulpiciens, le Père Ulshafer a déclaré que l’archevêque avait apparemment jugé la situation «inhabituelle et urgente» pour rendre sa décision. Mais il a précisé que l’archidiocèse veut que les sulpiciens restent à Saint-Patrick.
L’archidiocèse de San Francisco est propriétaire du séminaire et de ses vastes terrains, mais les sulpiciens ont contribué à le fonder en 1898 et l’ont administré depuis. «L’évêque ayant autorité sur le séminaire, il a le droit et le devoir de nommer ou d’approuver la nomination du recteur. Les évêques et le Saint-Siège ont la responsabilité finale pour la formation des prêtres. Les sulpiciens celle de les aider dans cette tâche, mais ils ne fonctionnent pas de manière indépendante», a expliqué le provincial dans un courrier du 3 octobre.
Rien d’immoral ni d’illégal
L’éviction du recteur serait en fait liée à l’évaluation de l’organe d’accréditation des écoles et collèges prévue au printemps 2014. Une enquête préalable, effectuée en février-mars derniers, aurait mis au jour certains manquements au plan du programme d’enseignement et du financement à long terme de l’institution.
Mais l’absence de justification explicite de la démission du Père McKearney a suscité de nombreuses interrogations. Selon Melanie Morey, prévôt du séminaire, il est cependant clair que le recteur n’est impliqué dans «rien d’immoral ou d’illégal» et qu’il n’a pas commis d’acte ‘inapproprié’. Christine Mugridge, responsable des relations avec les médias du diocèse de San Francisco, a confirmé que «le changement de leadership ne doit être interprété en aucun cas comme négatif en ce qui concerne le passé du recteur».
La prochaine réunion, le 16 octobre, du conseil d’administration du séminaire présidé par Mgr Cordileone devrait permettre d’y voir un peu plus clair. (apic/ncr/mp)



