Sydney: Le pape dit la «honte» de l’Eglise pour les abus sexuels de prêtres sur des mineurs
Compassion et soins pour les victimes
Sydney, 20 juillet 2008 (Apic) Benoît XVI s’est dit «profondément désolé» et a reconnu la «honte» ressentie par l’Eglise «suite aux abus sexuels sur des mineurs de la part de certains prêtres ou religieux» australiens. C’est ce qu’il a souligné, le 19 juillet 2008, au cours de la messe qu’il a célébrée dans la cathédrale Sainte-Marie de Sydney, avec les évêques du pays, les séminaristes et les novices. Le pape a souhaité que les victimes reçoivent «compassion et soin» et que «les responsables de ces maux» soient «portés devant la justice».
Dans son homélie en anglais, Benoît XVI a improvisé et a ajouté quelques mots personnels à propos des victimes des abus sexuels. «I’m deeply sorry», a dit pape en anglais. «Je suis profondément désolé de la douleur et de la souffrance des victimes et je leur assure que, comme pasteur, je partage aussi leurs souffrances».
Poursuivant la lecture de son homélie, le pape a souligné la «honte (…) ressentie suite aux abus sexuels sur des mineurs de la part de certains prêtres ou religieux de ce pays». Pour lui, «ces méfaits, qui constituent une si grave trahison de la confiance, doivent être condamnés sans équivoque».
Devant les évêques, séminaristes, religieux et religieuses, le pape a affirmé que ces événements avaient «causé une grande douleur» et «ruiné le témoignage de l’Eglise». Il a alors demandé «à tous de soutenir et d’assister» les évêques du pays et de collaborer avec eux pour combattre ce mal. «Les victimes doivent recevoir compassion et soin, et les responsables de ces maux doivent être portés devant la justice», a-t-il insisté.
Le pape a également indiqué la priorité urgente de promouvoir un environnement plus sûr et plus sain, particulièrement pour les jeunes.
«Alors que l’Eglise en Australie continue (…) à affronter avec efficacité cette série de défis pastoraux, je m’unis à vous dans la prière afin que ce temps de purification porte avec soi la guérison, la réconciliation et une fidélité toujours plus grande aux exigences morales de l’Evangile», a continué le pape.
Par ailleurs, Benoît XVI a évoqué la consécration de ceux qui ont été «’mis à part’ pour le service de Dieu». «Trop souvent (…) nous nous retrouvons immergés dans un monde qui voudrait mettre Dieu à part», a-t-il regretté. «Au nom de la liberté et de l’autonomie humaine, le nom de Dieu est passé sous silence, la religion est réduite à une dévotion personnelle et la foi est évitée sur la place publique».
Pour Benoît XVI, «là où l’homme est diminué, c’est le monde qui nous entoure qui est diminué». «Ce qui en ressort n’est pas une culture de la vie mais de la mort». Comment peut-on considérer cela comme un «progrès» ? s’est alors demandé le pape. «Au contraire, c’est un pas en arrière, une forme de régression qui (…) tarit les sources mêmes de la vie, des individus comme de la société tout entière».
Au cours de la messe, Benoît XVI a consacré le nouvel autel de la grande cathédrale néo-gothique.
Des séminaristes s’expriment
Avant la messe, plusieurs journalistes ont interrogé certains séminaristes sur le scandale des abus sexuels commis par des prêtres. Peter, Australien de 27 ans, a affirmé qu’il s’agissait d’un débat public. «Il n’y a aucune raison de ne pas en parler. C’est une opportunité pour l’Eglise de rappeler que les abus sexuels sont un scandale et qu’ils n’ont pas leur place dans l’Eglise», a-t-il affirmé.
Paul, Australien de 20 ans, a, quant à lui, expliqué qu’un psychologue spécialisé sur les questions sexuelles faisait partie de l’équipe de formation de son séminaire. Chaque séminariste est aussi accompagné par un «compagnon» chargé de les aider, de les conseiller et avec qui le séminariste peut échanger facilement. (apic/imedia/ms/js)



