Présentation du rapport sur les discussions
Synode africain: fin de la première phase du Synode (240494)
Rome, 24avril(APIC) La première phase du Synode des évêques pour l’Afrique a pris fin vendredi soir avec le rapport sur les discussions présenté
par le cardinal Thiandoum, archevêque de Dakar.
Le rapport reprend explicitement les cinq chapitres de l’»instrumentum
laboris». S’agissant de la proclamation, a côté de l’exigence de promouvoir
l’études et la méditation de la Bible, qui doit être traduite dans toutes
les langues locales, le rapport souligne la possibilité d’une ecclésiologie
fondée sur le sens africain de la solidarité familiale. Toutefois, «celleci a des limites qu’il faut dépasser: égoïsme, tribalisme…»
A propos des missionnaires, le rapport souligne qu’ils «sont toujours
nécessaires, mais dans un esprit de concertation et de collaboration avec
les Eglises locales». Le «recrutement» pour les vocations religieuses ne
doit pas «viser à combler les vides dans les rangs des Ordres européens en
perte de vitesse ou totalement étrangers à la situation locale».
Le rapport relève par ailleurs l’importance de la vie contemplative comme témoignage en milieu musulman.
La seconde partie du texte, sur l’inculturation, rappelle que celle-ci
ne doit être «ni superficielle ni facile, mais que l’Eglise universelle
doit faire confiance aux Eglises locales et leur laisser la liberté nécessaire pour la mener à bien».
La liste des points saillants qu’il faudra aborder mentionne la théologie africaine, les structures ecclésiales, la vie religieuse, la liturgie,
la question des ancêtres la morale individuelle et sociale et la vie publique et politique.
Dialogue avec l’islam
Sur le dialogue, le rapport en souligne les différents aspects dans sa
troisième partie. Depuis le besoin de structures plus efficaces au niveau
régional et avec Rome à la question des non chrétiens. A propos de l’islam,
«il faudra encourager les composantes modérées, se présenter dans un esprit
de service même dans les situations difficiles». De plus, fait-on remarquer, un dialogue authentique est nécessaire avec la religion traditionnelle dont on ne saurait sous-estimer l’importance pour l’inculturation. Il
convient en outre de «ne pas non plus oublier les mouvements religieux nouveaux qui peuvent contribuer à la paix».
La quatrième partie, «Justice et Paix», relève qu’il reste beaucoup à
faire dans la promotion d’une culture politique nouvelle qui accepte le
pluralisme, la diversité et la démocratie. L’Eglise est invitée à promouvoir les droits de l’homme, le ministère chez les réfugiés et les exilés.
Elle doit en particulier s’engager dans la libération de la femme dans la
société et en faveur de sa reconnaissance dans l’Eglise.
Les programmes d’ajustement économique ont été critiqués, car «ils appauvrissent les peuples et les nations et sont une source de soulèvement et
d’agitation par endroit». Les conditions de la dette et les politiques pratiquées en matière de contraception sont également dénoncées.
La cinquième et dernière partie parle de l’importance de bien utiliser
les médias, en évitant l’emprise étatique ou gouvernementale. Elle s’inquiète en outre de l’invasion par satellite et vidéo-cassettes de la pornographie et de la violence dans l’image. (apic/sv/pr)



