Un pape fort et un collège épiscopal fort
Synode: Intervention remarquée du cardinal belge Godfried Danneels.
Rome, 8 octobre 2001 (APIC) Les travaux synodaux ont été marqués lundi matin par une forte déclaration du cardinal belge Godfried Danneels. Applaudi par tous les participants au synode, l’archevêque de Malines-Bruxelles en Belgique a soulevé les principaux enjeux de cette assemblée de manière franche et directe.
«Nous avons autant besoin d’un pape fort que d’un collège épiscopal fort», a déclaré le cardinal Danneels en commençant son intervention. Soulevant la question des relations entre les évêques et Rome, le prélat a insisté sur «l’urgence de traiter la question de la subsidiarité des Conférences épiscopales» et du rôle de la Curie romaine, «sans doute pas parfaite». Les évêques doivent de leur côté faire «un examen de conscience», a-t-il ajouté.
Pour le cardinal, il faut que les évêques prennent l’habitude d’»aller trouver les dicastères pour parler face-à-face» de leurs problèmes. Il les a par ailleurs encouragés à inviter les responsables des bureaux du Vatican à se rendre dans leurs diocèses «pour qu’ils aient une expérience de terrain».
Parlant ensuite des synodes comme «instrument le plus important de cette collégialité», l’archevêque de Malines-Bruxelles a demandé à ce que leurs structures soient «améliorées». Proposant la création d’une commission qui s’occuperait de cette «réforme», il a notamment insisté pour que les Pères synodaux puissent parler «à l’abri de toute influence» et sur tous les sujets qu’ils désirent aborder.
Le cardinal Danneels a ensuite critiqué les déclarations qui ne font que reprendre l’’Instrumentum laboris’ document de travail des évêques. Pour lui, il serait plus opportun d’utiliser les ’Lineamenta’ les questions envoyées avant le synode aux évêques pour la réédaction de l’’Instrumentum laboris’ «qui se prêtent beaucoup plus au débat».
Nombre de participants au synode
Une «autre voie» de réforme serait la réduction du nombre de participants aux synodes, profitant de moyens comme l’Internet pour consulter «en un laps de temps très bref» tous les autres évêques du monde entier sur des sujets précis. «Il reste vrai qu’un grand synode comme celui-ci favorise grandement le sentiment de collégialité affective entre les évêques», a expliqué le prélat, mais cette collégialité «nourrit sans doute plus le coeur du collège épiscopal que sa tête et sa musculature».
L’archevêque belge est ensuite revenu sur la figure de l’évêque, «pour qui il ne s’agit pas seulement d’énoncer ce qui est vrai et de stigmatiser ce qui est faux, mais de pratiquer l’art de le communiquer, de le faire accepter avec joie et de faire comprendre pourquoi certaines déviations sont inacceptables». Insistant sur l’importance de la formation de l’évêque dans le domaine de la communication, le cardinal anneels a notamment demandé à Rome de faire d’abord parvenir les grands textes magistériels aux évêques, avant qu’ils «ne se risquent dans le grand monde des média». Il a également proposé de réunir à Rome les évêques «des terres volcaniques où les éruptions médiatiques sont presque quotidiennes» pour leur permettre «d’affronter le barrage de feu lorsque le magistère touche à des points chauds de la doctrine et de la morale catholique».
«Vouloir rattraper des informations incomplètes, tronquées ou franchement fausses et malveillantes est aussi impossible que de vouloir faire rentrer la pâte dentifrice une fois sortie du tube», a-t-il conclu sous les applaudissements. (apic/imed/mk/pr
Encadré 1:
Intervention de l’évêque de Syros
L’intervention de Mgr Franghiskos Papamanolis, évêque latin de Syros en Grèce, sur le rapport des Eglises particulières avec les autres chrétiens, a été considérée comme étant «une dure attaque» contre les agissements de certaines Eglises particulières dans le domaine de l’oecuménisme. Il a fait remarquer qu’une «certaine pratique de l’Eglise catholique dément les principes théoriques de divers documents» du Concile Vatican II.
Abordant notamment le rôle des patriarches des Eglises orientales, il a demandé que ceux-ci puissent exercer leur propre autorité, «sans devoir se considérer comme vicaires du pape». Le prélat a particulièrement critiqué le fait que «l’Eglise catholique n’ait pas réussi à devenir crédible aux yeux des orthodoxes» ces 40 dernières années. «Passons des paroles aux actes», a-t-il conclu. (apic/imed/mk/pr)



