Vatican

Synode: le document final ne doit pas avoir un caractère magistériel

Ce n»«est pas aux Pères synodaux d»«endosser la responsabilité de publier un document magistériel, a estimé le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay (Inde) dans un entretien au site anglophone Crux le 25 octobre 2018.

Alors que le synode sur ‘les jeunes, la foi et le discernement vocationnel’ touche à sa fin, les Pères synodaux seront appelés à voter pour approuver le document final le 27 octobre. Nouveauté de ce synode: le document des Pères synodaux pourrait revêtir un caractère magistériel, si le pape le décide.

Le cardinal Gracias, membre de la Commission de rédaction du document final, s’affiche contre l’idée de mettre une telle responsabilité sur les épaules des Pères synodaux. Ce ne serait ni juste ni raisonnable, a-t-il estimé, tant vis-à-vis de l’assemblée synodale que de l’Eglise. «Bien des Pères synodaux, ne sont pas théologiens»«. Certaines propositions pourraient ainsi être selon lui mal comprises théologiquement, voire controversées.

De même, souligne le prélat, un autre inconvénient est linguistique: beaucoup de Pères synodaux ne connaissent pas suffisamment l’italien. En comprenant mal, s’interroge-t-il, comment peut-on voter? Il n’est en effet pas prévu de traduire le document final, élaboré en italien, avant qu’il ne soit voté.

Le discernement, «»colonne vertébrale»« du synode

Par ailleurs, certains aspects du document final ne sont pas le fruit des discussions synodales, considère le cardinal Gracias. Ainsi, les expressions «»discernement»« ou «»synodalit黫, directement issues des idées phares du pape François, n’étaient pas des expressions très saillantes dans les discours des Pères synodaux. Et pourtant, s’étonne-t-il, ces termes reviennent très fortement dans le brouillon du document final.

Selon le cardinal indien, ces éléments pourraient avoir été insérés par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, ou encore par les deux secrétaires spéciaux du synode le Père jésuite Giacomo Costa, ou le Père salésien Rossano Sala.

Interrogé sur le sujet par I.MEDIA lors d»«une conférence de presse au Vatican, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, a pour sa part estimé que ces termes sont fondamentaux. Pour lui, le discernement est la colonne vertébrale du synode. S»«il se retrouve dans l»«enseignement du pape François, a-t-il affirmé, c»«est qu»«il y a une urgence à discerner la volonté de Dieu.

Quant à l»«expression «»synodalit黫 absente de l»«Instrumentum laboris, c»«est le chemin suivi par les participants au cours de ce synode: «»écouter, discerner puis passer à l’action»«, a pointé le haut prélat autrichien. (cath.ch/imedia/pad/bh)

Le document des Pères synodaux pourrait revêtir un caractère magistériel, si le pape le décide. | © Mazur/catholicnews.org.uk/CC BY-NC-SA 2.0
26 octobre 2018 | 17:15
par Bernard Hallet
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