Synode: Les évêques et l’Eucharistie face à la concurrence des sectes et à la sécularisation
«Au lieu de maudire l’obscurité, allume donc une bougie»
Rome, 11 octobre 2005 (Apic) Des évêques sont intervenus au Synode dans l’après-midi du 10 octobre 2005, mettant l’accent sur les défis de l’Eglise face à un monde sécularisé et au développement des sectes.
Lors de la 12e congrégation générale du Synode, un évêque centrafricain s’est ainsi étonné de «la concurrence des sectes», pour la dénoncer. Quant au cardinal indien Ivan Dias, il a évoqué la force de la prière «comme remède face aux agressions de la société».
L’évêque de Bossangoa, en République Centrafricaine, est intervenu devant les pères synodaux pour dénoncer les sectes qui s’en prennent aux chrétiens les plus fragiles. «Les sectes et autres cherchent toujours leurs adeptes futurs parmi nos meilleurs chrétiens en difficulté de vie», a ainsi regretté Mgr François-Xavier Yombandje.
Quant à l’archevêque de Bombay, il a rappelé les «ombres» de l’Eglise que sont «le nombre toujours plus restreint de ceux qui vont à l’église, le désintérêt croissant vis-à-vis du sacrement de la réconciliation et le manque de catéchèse». Selon lui, affrontant déjà ces problèmes à leur époque, de grandes figures de l’Eglise comme saint Jean-Marie Vianney (1786- 1859) ou l’archevêque américain Fulton Sheen (1895-1979) ont eu un «succès retentissant» grâce «aux nombreuses heures qu’ils passaient en prière devant le Saint-Sacrement». Et de les présenter comme «un modèle pour les prêtres et les évêques d’aujourd’hui».
«Il y a un proverbe chinois qui dit : au lieu de maudire l’obscurité, allume donc une bougie», a lancé le cardinal indien. «Alors que nous sommes plongés dans l’obscurité des maux moraux et spirituels qui nous entourent, ne serait-il pas merveilleux si les évêques et les prêtres du monde entier passaient chaque jour une heure en prière et en adoration devant le Saint- Sacrement», s’est interrogé le cardinal Dias.
Profonde nostalgie mystique
Intervenant aussi lors de la 12e congrégation générale du Synode des évêques, l’allemand Mgr Karl-Heinz Wiesemann a affirmé pour sa part que «malgré la sécularisation, notre époque est emplie d’une profonde nostalgie mystique». «Mais sommes-nous capables de célébrer l’Eucharistie de telle façon que les hommes en recherche soient attirés par le mystère eucharistique ?», s’est demandé l’évêque auxiliaire de Paderborn. Mgr Wiesemann a enfin souhaité que soit donné «plus d’importance aux gestes et aux formes liturgiques qui expriment aussi ce qui est caché, perceptible seulement dans le silence et qui se soustrait à notre compréhension».
Autre intervention: un évêque ougandais a rappelé le caractère chômé obligatoire du dimanche, lors de la 12e congrégation générale du Synode. Il a regretté que de nombreux chrétiens en Ouganda, après avoir assisté à la messe, se sentent libérés de l’obligation de ne pas travailler le jour du Seigneur. «On se trouve devant l’exigence pastorale de réaffirmer l’enseignement du dimanche comme jour chômé obligatoire, jour de repos pour les chrétiens», a ainsi déclaré Mgr Joseph Antony Zziwa. En Ouganda, «nombreux sont ceux qui rentrent chez eux après la messe, et se mettent à travailler comme ils le font n’importe quel jour de la semaine» a regretté l’évêque de Kiyinda-Mityana. Il a ainsi déploré que «de nombreux laïcs chrétiens disent : ’J’ai rempli mon obligation d’aller à la messe le dimanche, après quoi je peux travailler à gagner mon pain quotidien’».
L’évêque de Kiyinda-Mityana a ensuite relevé que ce sont «paradoxalement les personnes riches ou appartenant aux classes moyennes, dont certaines ne vont pas même à l’église le dimanche», qui «se reposent vraiment le dimanche». (apic/imedia/ami/gt/pr)



