Les grandes orientations des décisions finales apparaissent déjà
Synode pour l’Océanie:
Rome, 3 décembre 1998 (APIC) A mi-chemin du Synode pour l’Océanie, qui se déroule au Vatican depuis le 22 novembre, les grandes questions qui seront traitées concrètement d’ici sa conclusion, le 12 décembre, commencent d’ores et déjà à se préciser.
Les participants, 154 personnes au total, dont la presque totalité des évêques actifs du Pacifique, travaillent actuellement au sein de six carrefours. Ils ont exposé le 2 décembre les rapports de leurs discussions respectives.
Le manque de prêtres, surtout dans les parties les plus isolées de l’Océanie, semble être le point crucial de leurs préoccupations. «Comment faire en sorte que l’Eucharistie soit plus à la portée de nos populations?». A cette question, les propositions de réponses sont variées. La possibilité d’ordonner des hommes mariés a été évoquée par certains, sous réserve de dispenses spéciales. D’autres en revanche ont fait remarquer que cela «créerait plus de problèmes que cela n’en résoudrait». Certains ont proposé d’envisager «une mobilité plus grande des prêtres», ou encore «une meilleure répartition des prêtres à travers le monde». En attendant, tous ont souligné le rôle capital des catéchistes et des diacres permanents, particulièrement actifs dans les îles du Pacifique.
Le lien entre l’Eglise et les cultures est un deuxième point capital de la réflexion des évêques. Cultures dont l’Eglise doit savoir accueillir les points positifs, tout en sachant les contester là où elles semblent «être contraires à l’Evangile et à la façon de vivre en chrétien». «Il est important que les évêques soient positifs et actifs en protestant contre les abus de nos sociétés», a-t-il été précisé, «en présentant des solutions positives pour résoudre les questions sociales, par exemple le soin palliatif opposé à l’euthanasie».
Autre sujet fréquemment abordé: la présence de nouveaux mouvements ecclésiaux dans la vie de l’Eglise en Océanie. Beaucoup les ont salués comme un signe très positif d’un renouveau spirituel, correspondant «à une certaine attente des cultures qui ont gardé le sens communautaire et le sens de la fête». Quelques évêques ont cependant émis une certaine réserve à leur sujet, voyant en eux une «capacité de diviser les communautés paroissiales et d’altérer l’harmonie de l’Eglise».
L’environnement
Par ailleurs, la question du respect pour l’environnement est revenue à plusieurs reprises dans les discussions, question souvent liée au respect des cultures indigènes. «L’Eglise s’élève contre un consumérisme qui détruit l’environnement», a-t-il été affirmé, et son enseignement à ce sujet est «un grand atout en vue de l’évangélisation des jeunes».
Enfin les évêques ont été nombreux à insister sur leur attachement au sens de la collégialité épiscopale, qu’ils apprécient particulièrement au cours de ce Synode. Ils demandent dans leur ensemble que le dialogue entre eux, et avec le pape, soit encore développé dans «une atmosphère de vérité et de respect réciproque». «Nous serions aussi très heureux d’accueillir dans notre région la visite de représentants des dicastères romains», a assuré Mgr James Foley, évêque de Cairns en Australie. «Les Eglises d’Océanie sont conscientes qu’elles peuvent apporter une contribution spécifique à l’Eglise universelle», affirme pour sa part Mgr Hubert Coppenrath, archevêque coadjuteur de Papeete, à Tahiti. «Par leur sens communautaire, leur liturgie vivante, leur joie de vivre la foi chrétienne, poursuit-il, elles sont attractives et impressionnent souvent les voyageurs dont certains ont retrouvé ou ravivé leur foi à leur contact».
Carte géographique distribuée
Dans le cadre du Synode encore, une carte géographique détaillée a été remise aux participants du synode pour l’Océanie. Tous les participants au Synode ne sont pas capables d’emblée de repérer la situation géographique de tel ou tel atoll, a expliqué Radio Vatican. Une carte devenait indispensable pour saisir la réalité vécue par les catholiques dans telle île à des milliers de kilomètres d’autres chrétiens. (apic/imed/pr)



