Invitation à remettre de l’ordre dans l’Eglise d’Australie.
Synode pour l’Océanie: Déclaration des évêques australiens et de dicastères romains
Rome, 14 décembre 1998 (APIC) Les évêques australiens et les représentants de six dicastères de la Curie romaine ont publié le 14 décembre un document d’une vingtaine de pages présentant un état des lieux de la situation de l’Eglise en Australie, ainsi que des mesures à prendre pour remédier à certaines déficiences. Le document est une invitation à remettre de l’ordre dans l’Eglise d’Australie.
Cette synthèse a été élaborée à l’issue d’une rencontre spéciale voulue par le pape, qui s’est déroulée du 17 au 20 novembre dernier, juste avant l’ouverture du Synode pour l’Océanie. Rencontre qui est venue s’ajouter à la visite «ad limina» de ces évêques, conclue le 14 décembre.
Ce document, destiné à l’Eglise d’Australie, traite spécialement du rôle de l’évêque, du clergé et des personnes consacrées, et de certains points liés aux sacrements, à la liturgie, et à l’éducation à la foi catholique.
Les évêques constatent en effet que la pratique de la foi est en crise en Australie. Le développement d’un individualisme extrême, d’après ce document, fait de la conscience personnelle un absolu, et entraîne le rejet de toute autre référence, rendant ainsi la tâche de l’Eglise plus difficile.
Les évêques remarquent par ailleurs que ceux qui ont la foi n’ont qu’une connaissance très vague de son contenu. Les chrétiens ne savent plus vraiment que Dieu est un seul Dieu en trois personnes, font-ils remarquer, ni que le Christ est à la fois vrai Dieu et vrai Homme.
Dans le domaine moral apparaît la même confusion, ajoutent les évêques. Par exemple, remarquent-ils, une certaine forme de féminisme exacerbé conduit à d’importants problèmes moraux, notamment à la légitimation des relations homosexuelles.
Face à ces problèmes, les évêques australiens et les représentants de la Curie romaine soulignent la nécessité pour eux d’être plus unis autour de leur triple tâche : enseigner, sanctifier et gouverner, en collaboration toute spéciale avec les prêtres. Ils insistent sur la vie spirituelle et sur la formation de ces prêtres, qui doivent être particulièrement entourés, du fait de la culture sécularisée dans laquelle ils ont aujourd’hui à travailler.
Distinction entre prêtres et laïcs
Les évêques demandent également que soit mieux précisée, dans l’Eglise australienne, la distinction entre prêtres et laïcs, pour préserver l’authenticité des deux vocations. Ils proposent par ailleurs que les séminaristes soient davantage formés à comprendre la «fécondité» du «lien entre le célibat et leur vocation sacerdotale», pour être mieux à même d’observer ce célibat. De la même façon, ils invitent les religieux à une plus grande «authenticité et transparence» dans leur vie. Ces religieux doivent avoir «une vie spirituelle intense soutenue par la prière, et par la fidélité aux principes évangéliques», indique le document. Plus que toute autre activité, c’est cette vie de conformité au Christ qui peut susciter des vocations.
Une plus grande fidélité au Magistère est également demandée quant au respect des textes liturgiques. Les évêques déplorent certains abus de la part de prêtres qui modifient ces textes à leur gré, sans se préoccuper de leur contenu théologique ni de leur communion avec le reste de l’Eglise. Le document propose d’encourager une formation plus approfondie sur la liturgie, pour empêcher ces déviations.
D’autre part, les évêques montrent qu’il y a en Australie un «déclin du sens du péché». Les catholiques eux-mêmes ne comprennent plus ce qu’a été le sacrifice du Christ sur la Croix pour racheter le monde de ce péché, déplorent-ils. Le document rappelle l’importance de la confession individuelle, qui ne peut pas être remplacée par l’absolution collective, l’usage de celle-ci devant être éliminé.
La mauvaise influence des médias
Recevant les évêques australiens, lundi 14 décembre, à l’issue de leur visite «ad limina», Jean Paul II a évoqué plusieurs points de ce document, en espérant qu’il porte des fruits positifs.
«Jusqu’à récemment, a-t-il souligné, la communauté catholique d’Australie connaissait une continuelle croissance». Mais aujourd’hui, a poursuivi Jean Paul II, elle fait face à une «situation complexe», qui demande un «discernement attentif» de la part des évêques, notamment sur la question des «relations entre l’Eglise et le monde». «L’enseignement du magistère de l’Eglise est parfois remis en question, a constaté Jean Paul II, et les médias contribuent à «alimenter» cette «tendance», pour susciter des divisions ou «forcer l’Eglise à des changements qu’elle ne devrait pas faire». (apic/imed/pr)



