Des questions.... Et des critiques
Synode sur l’Europe: Conférence de presse à l’issue de la première partie du Synode
Rome, 11 octobre 1999 (APIC) Organisée à l’issue de la première partie du Synode pour l’Europe, la conférence de presse, tenue le 11 octobre 1999 au Vatican, a donné lieu à une série de questions franches de la part des journalistes.
Rassemblés depuis le 1er octobre au Vatican, les participants du Synode ont pu, durant cette première partie, intervenir devant l’ensemble de l’assemblée sur les thèmes de leur choix. Un rapport général concluant ces exposés leur a été lu le 11 octobre par le cardinal Antonio Maria Rouco Varrela, archevêque de Madrid et rapporteur général du Synode.
«Pourquoi n’avons-nous eu que des résumés de vos interventions?» a demandé un journaliste aux évêques qui participaient le même jour à la conférence de presse. «Pourquoi ne voulez-vous pas collaborer avec les médias?» Prenant la parole, l’archevêque polonais de Lublin, Mgr Josef Miroslaw Zycinski, s’est montré étonné de cette réclamation. «Ce sont les évêques eux-mêmes qui ont fait les résumés que vous avez reçus», a-t-il fait remarquer. «Il leur a été demandé de faire des résumés consistants, précisément pour faciliter le travail des médias, et pour que ces derniers puissent se faire une idée de l’ensemble des exposés».
«Pourquoi n’admettez-vous pas les ordinations des femmes?» a ensuite demandé un journaliste qui venait d’assister à la conférence de presse du mouvement «Nous sommes l’Eglise». Insistant alors sur l’importance de la figure de la Vierge Marie dans l’Eglise catholique, l’archevêque de Lublin a rendu hommage aux femmes qui dans l’Evangile se trouvaient au pied de la Croix du Christ, quand les disciples l’avait abandonné. «Je leur suis particulièrement reconnaissant», a-t-il souligné, «de ne pas avoir organisé de marche de protestation contre le fait qu’elles n’avaient pas été invitées à monter sur le Thabor avec Jésus!».
Interrogé de la même façon sur l’éventualité d’ordonner prêtres des hommes mariés, l’archevêque de Lublin a laissé entendre que cette façon de faire ne correspondrait pas aux réalités concrètes de l’Eglise. L’archevêque a donné l’exemple de son propre diocèse, où se trouvent à la fois des séminaristes de rite latin et des séminaristes ukrainiens de rite byzantin, ces derniers pouvant se marier avant d’être ordonnés. «Il n’y a pas de revendication d’un groupe vis à vis de l’autre», a-t-il souligné. «Les uns et les autres ont choisi leur voie en connaissance de cause, et savent le sens de leur décision».
Quel islam?
Répondant ensuite à une question concernant l’importance accordée à l’islam au cours des interventions lors de l’Assemblée synodale, Mgr Josef Miroslaw Zycinski a affirmé que le thème a en effet occupé une place importante lors des interventions. «Nous voulons être le plus ouvert possible», a-t-il souligné. «Mais nous devons réaliser que nous ne savons pas de quel islam il s’agira, dans un quart de siècle, où il est possible qu’un quart de la population d’un pays comme la France sera formé de Musulmans. ” Sera-ce un islam ouvert avec lequel nous pourrons dialoguer ? ” a-t-il demandé, ” ou bien un islam fondamentaliste qui confondra religion et politique, et qui suscitera des violences en Europe?» «Je veux bien être optimiste», a ajouté l’archevêque polonais, «mais dans ce cas mon optimisme ne serait pas justifié».
L’archevêque espagnol de Saragosse, Mgr Elias Yanes Alvarez, a quant à lui souligné «l’ambiance de sérénité, de paix et de dialogue» qui a marqué, a-t-il dit, le début de ce Synode, ainsi que «le grand réalisme dans le diagnostique qui a été fait de la situation». L’archevêque a également souligné que le témoignage de ce qu’ont vécu les évêques de l’Est sous le communisme et «leur expérience du martyr» a montré à l’assemblée synodale «l’importance de la vie de foi dans des situations difficiles». Il y a là un «motif d’encouragement pour nous aujourd’hui», a-t-il fait remarquer. Une remarque confirmée par l’archevêque de Eger et président de la Conférence épiscopale de Hongrie. «Nous étions un pays chrétien jusqu’au milieu du siècle. Après un demi-siècle de persécutions qui visaient à détruire l’Eglise, nous sommes encore là».
Répondant pour sa part à une question à propos de l’Europe, qui a été le théâtre des plus grandes horreurs, au cours du XXème siècle, en dépit du fait qu’elle était le continent le plus christianisé, l’archevêque polonais a fait remarquer que ces tragédies ont été causées par le communisme et le nazisme qui rejetaient le christianisme, et que «les chrétiens ont souffert de cela». «Le christianisme est la religion de l’appel individuel de Dieu adressé à chaque homme», a ajouté Mgr Franc Rodé, archevêque de Ljubljana et président de la Conférence épiscopale de Slovénie. «C’est pourquoi il éveille particulièrement le sens de la liberté individuelle et cette prise de conscience augmente le pouvoir de faire le bien mais aussi la possibilité de faire le mal si on rejette Dieu». (apic/imed/pr)



