Synode sur la famille: Les Pères synodaux divisés sur l’opportunité de publier ou non le rapport intermédiaire de leur assemblée
Rome, 15 octobre 2014 (Apic) Au lendemain de la publication de la ›Relatio post disceptationem’, le rapport à mi-parcours du Synode des évêques sur la famille, plusieurs Pères synodaux interpellés par I.MEDIA le 14 octobre 2014 ont semblé partagés sur l’opportunité ou non de rendre public un tel document. Certains jugent que ce document ne devait pas être publié lorsque d’autres préfèrent insister pour dire que le débat est loin d’être clos et qu’un autre synode aura lieu en octobre 2015.
«Ce document n’aurait pas du être publié et aurait dû rester interne», confie le président de la Conférence épiscopale colombienne, Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, pour qui ce texte est par définition «une sorte de document martyr, destiné à être coupé et corrigé». «Même si l’on a toujours fait ainsi, poursuit l’archevêque colombien, les responsables du synode ne se sont peut-être pas aperçu qu’il y avait cette fois trop de choses qu’il ne fallait pas publier».
Interpellé à son tour le cardinal Mauro Piacenza, préfère ne pas répondre et, d’un geste de la main, fait comprendre qu’il ne partage pas certaines ouvertures de ce document. Le haut prélat italien reconnaît en outre dans une métaphore que la responsabilité des journalistes est toute relative quant aux échos extérieurs du synode : «Chacun boit l’eau de la source, affirme ainsi le pénitencier majeur, cela dépend donc de la façon dont sort l’eau».
Un débat intense
De son côté, le cardinal autrichien Christoph Schönborn tempère et confie que seuls «certains» Pères synodaux ne se retrouvent pas dans le texte de la ’Relatio post disceptationem’. L’archevêque de Vienne répète que sa publication est une tradition mais reconnaît que le thème est plus brûlant cette fois-ci. Le contenu de ce texte, dit-il encore, «va faire l’objet d’un débat intense et ce n’est pas la fin du parcours car nous poursuivront l’an prochain».
«Ce document est le résumé de ce que nous avons dit et il n’est pas définitif», confie à son tour le père Adolfo Nicolás, supérieur général de la Compagnie de Jésus. «Je ne crois pas que ce soit une erreur de l’avoir publié», dit encore le père jésuite espagnol, assurant que la procédure de dialogue de ce synode se poursuivra jusqu’à l’an prochain.
Il n’y a ni tensions ni nouveautés au synode, selon le président de la Conférence épiscopale rwandaise. «Nous abordons des problèmes très sérieux qui sont peut être culturellement compris de façon différente par l’Occident et l’Afrique, mais la doctrine est la même, c’est celle de l’Eglise», explique Mgr Smaragde Mbonyintege. L’évêque rwandais assure par ailleurs que l’ouverture aux homosexuels ou aux divorcés remariés est une attitude habituelle dans l’Eglise. «On ne les méprise pas, on voudrait les approcher et marcher avec eux», explique encore Mgr Mbonyintege avant de rappeler qu’il y existe cependant une différence avec le fait de considérer les unions homosexuelles comme un mariage.
Alors que la ’Relatio post disceptationem’ publiée le 13 octobre a salué les «éléments positifs» présents dans certaines unions en dehors du mariage catholique et souhaité un meilleur accueil dans l’Eglise des personnes homosexuelles, le Saint-Siège a effectué le lendemain une claire mise au point sur sa nature en le présentant comme un simple document de travail. (apic/imedia/ami/mp)



