«Syntonie spéciale» avec la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège

Rome: La revue jésuite Civiltà cattolica fait peau neuve

Rome, 5 avril 2013 (Apic) La Civiltà cattolica, célèbre bimensuel des jésuites italiens, fait peau neuve. Sa nouvelle édition a été présentée à la presse par son directeur, le Père Antonio Spadaro, le 5 avril 2013 au Vatican. Alors que la revue est toujours publiée après avoir été passée au crible par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, le religieux a parlé de la «syntonie spéciale» liant ces deux entités.

Dans sa nouvelle version papier, La Civiltà cattolica a perdu la rubrique intitulée «chroniques» – une sorte de billet -, estimant désormais que cette typologie d’articles convenait mieux aux blogs et aux tweets. En revanche, une nouvelle rubrique intitulée «Focus» sera nourrie par des articles liés à l’actualité à caractère politique, économique, international ou sociétal. La Civiltà cattolica propose désormais une interview et un portrait. Sur le plan esthétique, on observe de nouveaux choix dans les caractères et l’apparition d’un logo officiel en Une.

Le bimensuel des jésuites a aussi entamé un virage décisif vers le numérique, 163 ans après la publication de son premier exemplaire. La Civiltà cattolica est désormais disponible en format électronique et peut être lue sur des supports tels que smartphones ou tablettes grâce à des applications spéciales. En outre, les archives de tous les numéros publiés entre 1860 et 2008 seront accessibles sur Internet.

A l’avenir, il n’est pas impossible que soit lancée une version en anglais, en format électronique exclusivement. Le père Spadaro, qui dirige La Civiltà cattolica depuis un an et demi environ, entend aussi étendre les domaines de compétence de la revue, en se tournant davantage vers les sciences, la musique ou encore les nouvelles technologies.

Syntonie avec le Saint-Siège

Devant les journalistes, le directeur de La Civiltà cattolica n’a pas éludé le sujet sensible du contrôle du contenu de la revue effectué par les services de la Secrétairerie d’Etat avant publication. Le bimensuel est ainsi «certifié par une syntonie spéciale avec le Saint-Siège», assure le Père Spadaro.

C’est actuellement à Mgr Antoine Camilleri, récemment nommé sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, d’être l’interlocuteur principal de la direction de La Civiltà cattolica en ce qui concerne la relecture des épreuves du périodique. Devant les journalistes, le prélat a tenu à souligner sa volonté de «témoigner du lien consolidé» entre le Saint-Siège et la revue jésuite.

Jusqu’au pontificat de Jean XXIII (1958-1963), c’était le pape lui-même qui était chargé de lire les articles de La Civiltà cattolica avant qu’ils ne soient publiés. Jean XXIII décida de transférer cette charge à son secrétaire d’Etat. Puis ce fut au tour de prélats et membres de la Secrétairerie d’Etat.

Seulement 3 articles refusés en 5 ans

Mgr Claudio Maria Celli, qui fut lui aussi chargé pendant 5 ans de superviser le contrôle des épreuves de La Civiltà cattolica en tant que sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a expliqué en détail comment se passait la relecture. Chaque article, en fonction du thème, est ainsi attentivement examiné par un responsable de la Secrétairerie d’Etat, choisi en fonction de ses compétences. Les textes soumis peuvent subir des ajouts, des modifications, des améliorations. Il revient ensuite au «numéro deux» de la 2e section de consacrer une matinée à prendre en considération les suggestions des différents correcteurs et de trancher. Il arrive exceptionnellement que l’article tout entier soit refusé. Néanmoins, Mgr Celli a confié avoir refusé la publication de seulement 3 articles pendant son quinquennat à la Secrétairerie d’Etat.

Pour sa part, le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège et ancienne plume du périodique jésuite, a expliqué qu’il arrivait que le Saint-Siège suggère à La Civiltà cattolica de traiter un sujet en particulier. Pour autant, la ligne directrice de cette collaboration n’est pas «la passivité» de la revue jésuite face aux autorités vaticanes.

Si le bimensuel compte un noyau dur de 7 rédacteurs, il entend à l’avenir faire davantage appel à des plumes extérieures, du monde entier. Le Père Spadaro n’a pas exclu que le pape François lui-même puisse un jour écrire un article, étant lui-même jésuite. (apic/imedia/cp/bb)

5 avril 2013 | 16:25
par webmaster@kath.ch
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