Pour faire place à un complexe présidentiel
Tadjikistan: Démolition de la dernière synagogue de Douchanbe
Douchanbe, 6 mars 2006 (Apic) La dernière synagogue de la République du Tadjikistan, en Asie centrale, est en train d’être détruite au bulldozer sur ordre des autorités tadjikes. Elles ont décidé de faire place nette pour construire le nouveau complexe présidentiel dans la capitale Douchanbe.
Des membres de la communauté juive du Tadjikistan se plaignent de n’avoir pas reçu une compensation adéquate pour leur permettre de construire une nouvelle synagogue, rapporte lundi la BBC. Les juifs ont vécu au Tadjikistan pendant des siècles, mais leur communauté s’est drastiquement réduite après la chute de l’Union soviétique, et ceux qui restent sont pauvres et âgés. Seuls quelque 300 juifs vivent encore à Douchanbe, et moins d’un millier dans tout le pays, alors qu’ils étaient plusieurs dizaines de milliers à l’époque soviétique.
Une partie du complexe de la synagogue de la capitale tadjike a déjà été démolie, mais le bâtiment de l’édifice religieux est encore debout. Les juifs du Tadjikistan affirment que le lopin de terre qu’ils ont reçu en échange du gouvernement, situé en plus à grande distance du centre ville, ne peut remplacer leur ancien emplacement.
Une présence juive de plus de 2’000 ans
Le rabbin a déclaré que la communauté espère encore que le gouvernement, ou des groupes juifs au plan international, vont les aider à acquérir un bâtiment approprié pour leur nouvelle synagogue. Mais certaines voix à Douchanbe ont fait savoir que ceux qui se sont opposés à la démolition ont reçu des menaces de la part des autorités et la plupart des membres de la communauté juive préfèrent se taire.
Les juifs du Tadjikistan font partie de l’ancienne communauté des juifs de Boukhara, de langue persane, qui ont vécu en Asie centrale pendant plus de 2’000 ans. La synagogue de Douchanbe a été construite il y a une centaine d’années dans un des deux anciens quartiers juifs de la ville. Deux autres synagogues au Tadjikistan avaient été fermées durant la période soviétique. (apic/bbc/be)



