Taipei: L’Eglise catholique de Taiwan réfléchit à de nouvelles méthodes pastorales

Taipei, 30 décembre 1999 (APIC) La commémoration du 140ème anniversaire de la fondation de l’Eglise catholique à Taiwan a permis de revenir sur son travail d’évangélisation et son enracinement au sein de la population. Pour Ku Wei-ying, professeur d’histoire à l’université nationale de Taiwan, «L’Eglise à Taiwan a changé. Après le souci du nombre, elle met maintenant l’accent sur la qualité»,

Un thème développé lors d’une conférence prononcée à l’Université catholique Fu-jen près de Taipei. Cette conférence intitulée, «Les 140 ans de la deuxième naissance du catholicisme taiwanais», célébrait les 70 ans de l’Université et la commémoration de la seconde introduction du catholicisme à Taiwan en 1859.

Selon Ku Wei-ying, l’Eglise maintenant semble réaliser que la qualité du clergé et du laïcat est plus importante que la quantité et que l’idée de construire de grandes églises s’est modifiée. Il pense que les petites communautés seront la tendance du siècle prochain. L’historien suggère également que l’Eglise privilégie l’évangélisation et le service social. Selon lui, elle doit mettre l’accent sur la formation et l’inculturation pour que la foi catholique s’enracine au sein de la population.

S’ouvrir davantage aux laïcs

Le Père Paul Pan Pei-chi, dominicain, ancien directeur du Centre de recherche sur l’histoire du catholicisme de l’université de Fu-jen, estime de son côté que «la force de l’Eglise à Taiwan, ce sont les graines de la foi bien enracinées et plantées très tôt par les missionnaires qui ont surmonté mille difficultés pour apprendre à vivre avec les gens». Le dominicain juge en outre que l’Eglise de Taiwan doit changer: Il s’agit de sortir d’un système clos et dirigé d’en-haut pour s’ouvrir davantage aux laïcs . Afin que ces derniers puissent découvrir leurs possibilités et collaborer au développement de l’Eglise. Ce n’est que par des laïcs actifs et engagés que l’Eglise deviendra la leur et que l’inculturation sera réalisée, insiste le Père Pan. Il assure que l’Eglise à Taiwan doit abandonner son image de religion importée de l’étranger et s’adapter à la culture locale si elle veut entrer dans le cœur des Taiwanais et faire partie de leur vie.

Missionnaires espagnols dès 1626

Les missionnaires espagnols sont venus les premiers évangéliser les aborigènes de Keelung et de Tanshui au nord de Taiwan en 1626 mais ont dû abandonner l’île quand l’Espagne s’est retirée, seize ans plus tard. En 1859, vingt-deux dominicains espagnols sont arrivés à Kaohsiung, venus des Philippines en passant par Amoy (actuellement Xiamen, dans la province du Fujian, en Chine continentale). Le catholicisme a ainsi été introduit pour la deuxième fois dans le sud de Taiwan et s’est répandu à travers toute l’île. L’Eglise catholique à Taiwan a tout d’abord été administrée par le vicariat apostolique d’Amoy. En 1913, sous l’occupation japonaise, Taiwan est devenu une préfecture apostolique indépendante et l’est restée jusqu’en 1950. Les préfectures apostoliques de Taipei, Kaohsiung, Taichung, Chiayi et Hualien ont été érigées entre 1950 et 1952. En 1952, Taiwan est devenu la 21ème province ecclésiastique de la Chine et Taipei, archidiocèse. Les diocèses de Hsinchu et Tainan ont été érigés en 1961.

Fin 1998, on comptait 303’894 catholiques à Taiwan, 14 évêques, 1’396 prêtres, 1’122 religieuses, 159 frères, 73 grands séminaristes, 86 petits séminaristes et 224 catéchistes. (apic/eda/ba)

30 décembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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