Méthodes mises en cause

Taiwan: La stagnation du nombre de baptêmes inquiète

Taipei, 11 juin 1998 (APIC) La stagnation du nombre de baptêmes inquiète à Taiwan. Les méthodes d’évangélisation sont remises en cause. Un peu partout dans l’île, les milieux catholiques s’interrogent, parfois même avec dépit.

«Faire de nouveaux convertis est aussi difficile que hisser un hippopotame au sommet d’un arbre. Les superstitions, la religion populaire et le matérialisme freinent l’effort d’évangélisation», explique le Père John Baptist Zen Hsing-yi, salésien, prêtre de la paroisse de Saint-Jean Bosco à Taipei. Quatre baptisés en 1997, dit-il, c’est juste de quoi compenser trois décès et un départ à l’étranger.

«La plupart des prêtres qui cherchent à baptiser les gens se cassent les dents. Les responsables de l’Eglise de Taiwan ont voulu s’inspirer de méthodes d’évangélivation qui ont fait leurs preuves en Corée du Sud. Mais celles-ci sont sans effet ici «, convient le Père Wu Chung-yuan, secrétaire général de la Conférence épiscopale régionale chinoise de Taiwan.

Avec l’arrivée de 18’000 fidèles de Chine continentale au moment de la prise de pouvoir des communistes en 1949, la communauté catholique de Taiwan avait atteint dans les années 60 un pic de 306’000 fidèles. Entre 1987 et 1997, elle a n’a augmenté que de 4,5 % alors que la population totale croissait de 11,2 %. Entre 1986 et 1996, les diocèses de Taichung et Hsinchu ont vu le nombre de leurs fidèles baisser respectivement de 3,4 % et de 2,5 %. En 1997, tes 300’000 catholiques du pays représentaient seulement 1,39 % de la population totale.

Le théologien jésuite Luis Gutheinz relativise cet échec: le nombre de baptisés est moins important que la qualité de leur foi. Un autre prêtre rappelle que nombre de laïcs s’investissent dans les activités ecclésiales mais pour autant n’assistent pas régulièrement à la messe. De surcroît, beaucoup de catholiques considèrent qu’il est très important que leurs enfants aillent à l’école du dimanche.

«Pour autant, la moyenne d’âge élevée du clergé et ses attitudes conservatrices sont responsables d’un grand gaspillage d’énergie», fait valoir le chancelier d’un diocèse du pays. Selon ce dernier, la réforme de la liturgie et des services d’Eglise s’impose si celle-ci veut retrouver sa vitalité. (cip-ucan-bim)

Venezuela: L’Eglise consulte sur son rôle dans la société

Caracas, 11 juin 1998 (APIC) L’Eglise catholique vénézuélienne s’est lancée dans un type de consultation inédit: elle enquête sur son rôle dans la société.

Depuis le 3 mai, et jusqu’au 30 juin, par téléphone, fax, courrier électronique ou postal, tous les Vénézuéliens, catholiques ou non, sont invités à répondre très librement à la question: «De quoi pensez-vous que le 1er Concile national doive traiter pour renouveler la vie et la mission de l’Eglise au Venezuela?»

Ce Concile national, qui s’ouvrira fin 1999, «sera pour l’Eglise du Venezuela le plus grand événement de cette fin de siècle», affirme Mgr Ovidio Pérez Morales, archevêque de Maracaibo. «C’est le premier concile en 500 ans, poursuit-il; de plus, il se tiendra au moment du passage d’un millénaire à l’autre. Dans ce contexte, l’institution veut réfléchir sur son passé, sur le chemin qu’elle a tracé, sur le présent, sur sa situation interne et sur les orientations à prendre pour redresser la marche de l’Eglise pour de nombreuses années car un Concile se tient pour que ses fruits durent longtemps». (apic/cip/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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