Crainte d’une reprise des relations diplomatiques entre Pékin et le Vatican
Taïwan: les évêques inquiets après la visite en Chine de Mgr Etchegaray
Taïpei, 24septembre(APIC) La visite, début septembre, du cardinal Roger
Etchegaray à Pékin n’a pas suscité l’enthousiasme des évêques de Taíwan,
inquiets quant aux concessions que le Vatican pourrait être amené à faire
pour rétablir des relations diplomatiques avec la Chine. C’est auprès du
Vatican que Taïwan conserve sa seule ambassade en Europe.
«Etait-il vraiment nécessaire qu’un cardinal participe à l’ouverture
d’une manifestation sportive?» demande Mgr Leonard Hsu Ying-fa, évêque auxiliaire de Taïpei et secrétaire de la Conférence épiscopale de Taïwan». La
question faussement naïve du prélat cache mal une certaine inquiétude des
évêques taiwanais quant aux concessions que le Saint-Siège pourrait être
amené à faire pour rétablir des relations diplomatiques avec Pékin, commente «Eglises d’Asie». On sait en effet que l’une des exigences du gouvernement chinois est la rupture du Vatican avec Taïpei.
Le ministère des Affaires étrangères de Taïwan semble moins inquiet.
«Nous ne pensons pas que cette visite du cardinal change quoi que ce soit
dans nos relations avec le Vatican», devait déclarer Hsia Li-yen, porte-parole du ministère. Le ministre lui-même, Fredrick Chen, a fait part de son
scepticisme quant au rétablissement éventuel des relations diplomatiques
entre Pékin et le Vatican. «Cette visite, selon lui, d’après ce que nous en
dit le Vatican, revêt un caractère strictement religieux. Elle n’a pas de
connotation politique».
C’est auprès du Vatican que Taïwan conserve sa seule ambassade en Europe. Tous les autres pays du continent ayant reconnu Pékin. Il n’est donc
pas surprenant que les journaux de Taïpei ont accordé une grande place aux
spéculations suscitées par le voyage du cardinal Etchegaray.
Visite personnelle
Les propos du ministre des Affaires étrangères de Taïwan sont du reste
confirmés par les déclarations du cardinal français. «Je ne suis pas allé
en Chine pour négocier une reprise des relations avec Pékin», déclarait-il
le 7 septembre. Quant au gouvernement chinois, il a tenu à mettre l’accent
sur le caractère «personnel» de la visite du prélat. Mgr Etchegaray a néanmoins rencontré de hauts dignitaires du régime, tels que Bu He, vice-président du Congrès national du peuple, et Zhang Shengzuo, directeur du Bureau
des Affaires religieuses.
Visite «personnelle»? Diplomatique?. Mgr Etchegaray n’en a pas moins
profité pour effectuer quelques visites de hauts lieux touristiques comme
le temple du ciel. Le cardinal qui, au cours de ses six jours passés en
Chine, s’est entretenu avec Mgr Joseph Zong Huaïde, président du Collège
épiscopal chinois «officiel», et Mgr Michel Fu Tieshan, évêque de Pékin,
n’est entré, selon «Eglises d’Asie», dans aucune église «officielle».



