L’Abbé de St-Maurice au nom des évêques suisses à la cérémonie

Taizé: Mgr Joseph Roduit mise sur l’avenir de la démarche oecuménique de Taizé

St-Maurice, 26 août 2005 (Apic) Délégué de la Conférence des évêques suisses (CES) aux obsèques de Frère Roger, Mgr Joseph Roduit, Père-Abbé de St-Maurice, pense que l’esprit de Taizé va se poursuivre sous la houlette de Frère Alois. Cette cérémonie a attiré mardi sur la célèbre colline de Bourgogne plus de 10’000 personnes venues de tous horizons géographiques et religieux.

Le nouveau prieur, qui succède au Suisse Roger Schutz – un homme qui n’a jamais renié sa confession réformée -, est un catholique allemand. Cela ne devrait pourtant pas changer l’esprit de Taizé, «un mouvement de spiritualité et un mouvement pour la paix merveilleux, très fort et très riche». L’Abbé de St-Maurice souhaite ainsi que les protestants gardent toute leur place à Taizé, et continuent à participer à cette grande aventure oecuménique. «Il faut maintenir cet esprit», insiste-t-il.

Mgr Roduit, qui se rendait pour la troisième fois à Taizé, se dit impressionné par l’esprit de paix qui continue de se dégager de ce lieu de prière et de ressourcement. Il a participé dans la foule à la liturgie présidée par le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens, et concélébrée par les trois Frères prêtres de la Communauté de Taizé. «Durant la célébration, on a bien ressenti l’esprit de Frère Roger, un homme qui parlait peu, mais dont les paroles étaient profondes, jamais banales», poursuit l’Abbé de St-Maurice.

S’entraider entre catholiques, protestants et orthodoxes

Certains protestants craignent que, maintenant que le fondateur et prieur de la Communauté de Taizé a disparu, le mouvement soit «récupéré» par les catholiques. Mgr Roduit pense que si cela peut éventuellement réjouir les catholiques, il ne faudrait pas que les protestants se détournent de Taizé. Certes, comme Taizé a été très actif en Europe de l’Est à l’époque du régime communiste, il est naturel que beaucoup de catholiques et d’orthodoxes de ces régions viennent en ce lieu.

Mgr Roduit souligne qu’il y a la grâce du fondateur et ensuite la grâce du successeur, et ce n’est pas forcément la même: «Frère Roger était un homme charismatique, mais il faut maintenant un autre charisme pour la suite, et on doit tous ensemble – catholiques, protestants, orthodoxes – s’entraider, parce que Taizé représente un beau mouvement oecuménique de jeunes». (apic/be)

26 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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