Communiqué commun de la KEK/CEC et des évêques européens

Taizé: Toujours des réactions après l’assassinat de Frère Roger

Genève/St-Gall, 18 août 2005 (Apic) Touchés par l’assassinat de Frère Roger, fondateur et prieur de la communauté de Taizé, la Conférence des Eglises européennes (KEK/CEC) à Genève et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE), à St-Gall, , expriment leur «choc» et leur «tristesse» dans un communiqué commun.

Les secrétaires généraux de la CEC, le Rév. Keith Clements, et de la CCEE, Mgr Aldo Giordano, ainsi que leurs collègues, s’associent à la tristesse de la communauté oecuménique de Taizé.

Ils rappellent que Frère Roger a fondé sa communauté en 1949, à une période où les gens à travers le monde essayent de découvrir des voies pour s’assurer qu’il n’y aurait plus jamais la guerre. «Sa communauté s’efforçait de construire des ponts de prière et de dialogue entre les chrétiens dans un effort destiné à assurer qu’il n’y aurait plus de conflits entre eux».

Les deux organisations ecclésiales européennes rappellent que Frère Roger et sa communauté ont touché de nombreuses personnes à la recherche de Dieu et offert de nouvelles expériences spirituelles remplies de sens. «C’est un service pour lequel tous les chrétiens d’Europe seront reconnaissants pour l’éternité», soulignent la CEC et le CCEE. Toutes deux rappellent la contribution hors pair de Frère Roger lors du second Rassemblement oecuménique européen à Graz, en juin 1997.

Le CCEE, présidée par l’évêque de Coire, Mgr Amédée Grab, réunit l’ensemble des

34 Conférences épiscopales d’Europe. Ses vice-présidents sont le cardinal Josip Bozanic, archevêque de Zagreb, et le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster.

Les responsables protestants consternés face à cet acte de violence

Pour le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), le pasteur Ishmael Noko, «ce terrible événement prend une dimension plus large à l’heure où nous assistons à l’escalade de la violence à travers le monde. Les forces de la violence sont présentes parmi nous et en nous, et nous devons prier avec ferveur pour en être délivrés. Taizé est, et reste, une incarnation de cette prière.»

Président de la Conférence des Eglises européennes (KEK/CEC) et de la Fédération protestante de France (FPF) – qui regroupe quelque 900’000 fidèles répartis au sein de 17 Eglises ou unions d’Eglises -, le pasteur Jean-Arnold de Clermont a fait part à l’agence oecuménique ENI de sa «consternation face à cette folie meurtrière».

«Nous souhaitions tous une mort paisible à Frère Roger», a-t-il ajouté. Arrivé en Bourgogne en 1940, le protestant Roger Schutz crée alors les prémices d’une communauté monastique oecuménique. «Il a redonné sa place au monachisme masculin dans le protestantisme», souligne-t-il encore.

A partir des années soixante, des milliers de jeunes, venant d’abord d’Europe puis du monde entier, fréquentent régulièrement Taizé. Ces rencontres préfigurent, à leur manière, les JMJ, lancées en 1984 par le pape Jean Paul II, qui avait visité Taizé à plusieurs reprises.

Très proche du pape Jean Paul II, Frère Roger a eu aussi une attention particulière à l’égard des pays de l’Est pendant la période communiste. Il a notamment régulièrement séjourné à Cracovie à l’époque où Karol Wojtyla y était archevêque. Le fondateur de Taizé avait assisté en avril dernier aux funérailles de Jean Paul II et à cette occasion, il avait reçu la communion des mains mêmes du cardinal Jospeh Ratzinger, le futur Benoît XVI.

Le protestantisme français n’a pas toujours apprécié la voie choisie par Taizé

Le protestantisme français n’a pas toujours apprécié la voie choisie par Taizé. Les relations entre Taizé et le protestantisme français, actuellement bonnes, ont toutefois connu des phases difficiles. Membre de la FPF, la communauté de Taizé’ s’en est retirée au cours des années 70. La conversion au catholicisme et l’ordination secrète à la prêtrise de Max Thurian, l’un des bras droits de Frère Roger, avaient profondément choqué les milieux protestants. En juillet 2002, une délégation de la FPF s’était rendue à Taizé pour tourner officiellement la page. Il y a huit ans, Frère Roger, de confession protestante, avait désigné son successeur, comme le prévoit la règle de sa communauté. Il s’agit d’un catholique allemand, Frère Alois, âgé de 51 ans. (apic/com/eni/be)

18 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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