L’écart entre riches et pauvres du pays s’accroît

Tanzanie: L’Eglise catholique tire la sonnette d’alarme et propose des plans

Dodoma, 1er juin (Apic) L’Eglise catholique de Tanzanie tire la sonnette d’alarme pour dénoncer l’écart entre riches et pauvres, qui s’accroît dans le pays, rapporte le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA).

L’Eglise a annoncé un vaste programme d’éducation civique sur les droits fondamentaux de l’homme, ainsi que les devoirs de chaque citoyen, dans la perspective des élections présidentielle et législatives de 2010.

Selon l’Union européenne, malgré les efforts du gouvernement pour lutter contre la pauvreté, le niveau des revenus des tanzaniens reste parmi les plus faibles d’Afrique. La moitié de la population (41 millions d’habitants) vit sous le seuil de pauvreté.

Environ un tiers de la population se retrouve dans la misère la plus totale. Les taux de mortalité infantile et maternelle comptent encore parmi les plus élevés au monde. Le taux d’alphabétisation est faible et plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition.

Le programme d’éducation civique de l’Eglise catholique sera mené dans les paroisses, les écoles, et les communautés dans tout le pays.

Dans une déclaration rapportée par CISA, l’Eglise préconise une révision constitutionnelle et fustigé la «dérive» du pays vers le capitalisme, qu’elle a considéré comme «principal» obstacle au développement de la Tanzanie. Elle appelle le gouvernement à modifier sa politique sociale, soulignant qu’il doit se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie de la population au lieu de privilégier la croissance économique.

«Nous ne pouvons espérer résoudre le problème de pauvreté en utilisant des sources de croissance étroite comme le tourisme et l’exploitation minière», a souligné l’Eglise catholique, dans son document.

Invitation aux chercheurs

L’Eglise a également plaidé en faveur de l’instauration d’une culture d’évaluation de la performance du service public. Les chercheurs d’universités, les médias, les groupes civiques et religieux, sont invités à participer à cette évaluation, à travers un mécanisme que l’Etat doit mettre en place, a encore soutenu l’Eglise.

La déclaration est accompagnée d’un manifeste et un plan de travail élaboré par la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale de Tanzanie (TEC) et les professionnels chrétiens de ce pays. Ces documents proposent, en outre, la mise en place d’un régime de retraite universel pour tous les tanzaniens âgés de plus de 60 ans, un repas gratuit par jour dans les écoles primaires, une allocation mensuelle pour chaque enfant handicapé, le renforcement du système de protection sociale, entre autres.

L’Eglise a aussi souhaité un système éducatif national performant, ainsi qu’une évaluation correcte des besoins de santé de base, allant du niveau de dispensaire à l’hôpital. (apic/ibc/pr)

1 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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